Du 26 novembre 2026 au 26 janvier 2027, Bamako accueillera la 15e édition des Rencontres de Bamako, Biennale Africaine de la Photographie. La sélection officielle, dévoilée cette semaine, réunit quarante-neuf artistes issus de vingt-six pays, dont vingt-cinq femmes. Entre figures majeures de la scène internationale et nouvelle génération de créateurs, cette édition confirme la place de la Biennale comme l’un des principaux rendez-vous mondiaux consacrés aux pratiques contemporaines de l’image.
Pendant plusieurs semaines, artistes, commissaires d’exposition, galeristes, collectionneurs et institutions culturelles attendaient cette annonce. La sélection officielle des Rencontres de Bamako 2026 réunit quarante-neuf artistes retenus à l’issue d’un appel international ayant reçu plusieurs centaines de candidatures venues d’Afrique, de ses diasporas et d’autres régions du monde. Leurs œuvres seront présentées pendant deux mois dans une dizaine de lieux de la capitale malienne.
Cette sélection donne à voir les orientations actuelles de la création photographique contemporaine. La photographie y dialogue avec la vidéo, les archives, la sculpture, l’installation et la performance. Les artistes mobilisent l’image pour travailler sur les mémoires, les territoires, les héritages et les récits collectifs. Cette diversité prolonge l’évolution des Rencontres de Bamako, qui ne se limitent plus à un espace d’exposition et accueillent désormais des formes artistiques multiples.
Créées en 1994 à l’initiative de l’État malien, les Rencontres de Bamako sont la plus ancienne biennale consacrée exclusivement à la photographie africaine. Depuis plus de trente ans, elles accompagnent les transformations du médium sur le continent, contribuent à la reconnaissance internationale de plusieurs générations d’artistes et réunissent créateurs, chercheurs, institutions et professionnels de l’image.
Placée sous le commissariat général d’Armelle Dakouo, la 15e édition poursuit cette histoire à travers le thème REFABULATION(S). Inspiré par les réflexions de l’écrivain nigérian Chinua Achebe, ce thème interroge la manière dont les récits façonnent notre lecture du monde et dont les images peuvent les déplacer, les compléter ou les contester.
L’annonce de la sélection officielle des Rencontres de Bamako 2026 intervient dans un contexte où l’image internationale du Mali reste largement dominée par les questions diplomatiques et sécuritaires. La programmation apporte un autre regard sur la capitale. Les quarante-neuf artistes viennent de vingt-six pays et plusieurs participeront à des résidences de création organisées à Bamako avant l’ouverture de la Biennale. Leur présence confirme la place que la ville conserve dans les réseaux internationaux de la photographie.
Cette annonce marque le passage à la phase de production. Équipes curatoriales, scénographes, régisseurs, médiateurs, artisans et partenaires techniques préparent désormais les expositions qui seront présentées du 26 novembre 2026 au 26 janvier 2027. Pendant deux mois, Bamako accueillera artistes, professionnels et publics autour de la photographie contemporaine africaine et internationale.
Qui sont les artistes sélectionnés pour les Rencontres de Bamako 2026 ?
La sélection officielle des Rencontres de Bamako constitue chaque année un indicateur de l’évolution de la photographie contemporaine africaine. Elle révèle les artistes qui marqueront les débats des prochains mois, les nouvelles écritures visuelles qui traversent le continent et les dialogues qui s’établissent avec les scènes internationales.
L’édition 2026 réunit quarante-neuf artistes originaires de vingt-six pays. Vingt-cinq femmes composent cette sélection, un équilibre rarement observé dans les grandes manifestations internationales consacrées aux arts visuels. Au-delà de la parité, cette représentation traduit une évolution profonde des pratiques artistiques contemporaines, où les femmes occupent désormais une place centrale dans la production des récits photographiques, des archives et des recherches visuelles.
La liste rassemble des artistes confirmés dont les œuvres circulent depuis plusieurs années dans les plus grandes institutions culturelles, mais aussi des créateurs plus jeunes qui feront à Bamako l’une de leurs premières apparitions dans une biennale internationale de cette envergure. Cette coexistence entre générations constitue l’une des caractéristiques historiques des Rencontres de Bamako. Depuis leur création, elles ont régulièrement permis à de jeunes photographes de présenter leurs travaux aux côtés d’artistes déjà reconnus, favorisant ainsi le renouvellement de la scène photographique africaine.
Parmi les figures les plus identifiées de cette édition figure Ayrson Heráclito. L’artiste brésilien développe depuis plus de deux décennies une œuvre consacrée aux héritages afro-atlantiques, à la mémoire de l’esclavage et aux circulations culturelles entre l’Afrique et les Amériques. Ses travaux ont notamment été présentés à la Biennale de Venise, à la Biennale de São Paulo ainsi que dans plusieurs musées internationaux. Sa présence témoigne de l’ouverture des Rencontres aux dialogues entre l’Afrique et les mondes afro-descendants.
La sélection accueille également Euridice Zaituna Kala, artiste née au Mozambique et installée en France. Ses installations, photographies et performances interrogent les mécanismes de construction des archives, les héritages coloniaux et les mémoires invisibilisées. Son travail a été présenté au Centre Pompidou, au Haus der Kulturen der Welt de Berlin ainsi qu’à la Biennale de Venise.
REFABULATION(S) : comment la 15e édition des Rencontres de Bamako interroge le pouvoir des images
REFABULATION(S), le thème de la sélection officielle des Rencontres de Bamako 2026
Chaque édition des Rencontres de Bamako repose sur une proposition curatoriale qui dépasse le choix d’un thème. Depuis 1994, la Biennale accompagne les évolutions de la photographie africaine en confrontant les pratiques artistiques aux grandes questions de leur époque. Après avoir abordé les mutations sociales, les identités, les circulations et les rapports entre mémoire et modernité, la 15e édition place au centre de sa réflexion un terme encore peu employé dans le champ de la photographie, REFABULATION(S).
Ce mot renvoie à la pensée de l’écrivain nigérian Chinua Achebe, figure majeure de la littérature africaine contemporaine. Son œuvre défend l’idée que les sociétés ne peuvent construire leur avenir sans reprendre la maîtrise des récits qui les définissent. Face aux représentations héritées de la colonisation ou produites depuis l’extérieur du continent, Achebe appelait à élaborer des histoires capables de restituer la complexité des expériences africaines.
Cette réflexion guide la proposition curatoriale portée par Armelle Dakouo et son équipe, composée d’Ange-Frédéric Koffi, Lamine Diarra et Sandrine Honliasso. La photographie n’y est pas envisagée comme un simple outil d’enregistrement du réel, mais comme un langage capable d’en proposer de nouvelles lectures.
Dans la sélection officielle des Rencontres de Bamako 2026, l’image devient ainsi un espace de construction, de déplacement et de contestation des récits établis. Les artistes mobilisent des archives familiales, des mises en scène, des installations, des vidéos, des performances ou des sculptures pour interroger les mémoires individuelles et collectives. Ces pratiques explorent aussi ce que les archives institutionnelles, les discours politiques et les représentations médiatiques laissent parfois hors champ.
Cette orientation reflète les transformations de la photographie contemporaine africaine. Les générations qui ont contribué à sa reconnaissance internationale ont souvent été associées au portrait de studio, au documentaire et au photojournalisme. Ces héritages restent présents, mais de nombreux artistes utilisent désormais l’image comme un matériau parmi d’autres, aux côtés du son, du texte, de l’objet ou du geste performatif.
Les œuvres retenues abordent les histoires familiales, les héritages coloniaux, les migrations, les appartenances, les spiritualités, les territoires, les enjeux environnementaux et la circulation des savoirs. Cette diversité repose sur une même interrogation, comment raconter autrement des histoires longtemps écrites ou interprétées par d’autres ?
Cette question prend une portée particulière à une époque marquée par la multiplication des images. Les réseaux sociaux, les plateformes numériques et les outils d’intelligence artificielle rendent leur production et leur circulation plus rapides, tout en brouillant les frontières entre document, interprétation et fiction. REFABULATION(S) invite donc à examiner la manière dont les images façonnent les représentations collectives, organisent les mémoires et participent à la production des récits contemporains.
À Bamako, cette réflexion s’inscrit dans une histoire de plus de trente ans. Les Rencontres réunissent photographes, chercheurs, commissaires d’exposition, institutions et publics autour des transformations des sociétés africaines. La 15e édition poursuit ce travail en donnant une place à des récits multiples, portés par des expériences, des territoires et des pratiques différentes.
Produire les œuvres à Bamako, un nouvel ancrage pour la Biennale
L’annonce de la sélection officielle des Rencontres de Bamako 2026 ouvre une phase de production qui dépasse la présentation des artistes retenus. La 15e édition souhaite renforcer le rôle de Bamako comme lieu de conception, de fabrication et de finalisation des œuvres.
Pendant plusieurs éditions, une part importante des expositions était produite hors du Mali avant d’être acheminée vers la capitale. Ce fonctionnement, courant dans les manifestations internationales, réduisait la participation des professionnels locaux à la fabrication des projets.
En 2026, plusieurs artistes internationaux seront accueillis à Bamako plus de dix jours avant l’ouverture de la Biennale dans le cadre de résidences de création. Ils développeront ou finaliseront leurs œuvres avec les équipes techniques des Rencontres, des artisans, des scénographes et des professionnels maliens.
La production d’une exposition mobilise de nombreux métiers. Scénographes, menuisiers, soudeurs, imprimeurs, graphistes, éclairagistes, régisseurs, transporteurs, restaurateurs d’œuvres, médiateurs culturels et prestataires techniques interviennent à différentes étapes. En produisant une partie des expositions à Bamako, la Biennale sollicite ces compétences sur place et favorise leur mobilisation sur d’autres projets culturels.
Pour les artistes, la résidence ne se limite pas à une période de fabrication. Elle permet de travailler avec les ressources disponibles au Mali, d’échanger avec des artisans ou des chercheurs et d’adapter les œuvres aux lieux d’exposition. Les projets se construisent ainsi en relation avec la ville, plutôt que d’y être simplement installés quelques jours avant l’ouverture.
Cette méthode rapproche la résidence de création du travail curatorial. Elle affirme aussi que Bamako peut accueillir toutes les étapes d’un projet artistique international, depuis la recherche jusqu’à la présentation publique.
Cette orientation est portée par la Délégation générale dirigée par El Hadj Amadou Diop. Son projet vise à consolider les Rencontres comme une institution capable de produire des œuvres, de transmettre des compétences, de développer des partenariats internationaux et d’accompagner les artistes au-delà du temps de la Biennale.
La programmation de 2026 associe ainsi résidences, collaborations avec les professionnels maliens, projets spéciaux et mobilisation de plusieurs lieux d’exposition. Ces activités augmentent les retombées professionnelles de l’événement et renforcent les liens entre la Biennale et les acteurs culturels de la capitale.
Cette évolution intervient alors que l’image internationale du Mali reste souvent dominée par les questions politiques et sécuritaires. Les Rencontres de Bamako montrent une autre réalité, celle d’une institution qui continue d’investir dans la création, d’accueillir des artistes venus de plusieurs continents et de faire de la production artistique un cadre de coopération internationale. La 15e édition ne présentera donc pas seulement la photographie africaine au monde. Elle fera aussi de Bamako un lieu où une partie de cette création sera conçue et produite.
L’annonce de l’équipe curatoriale de la 15e édition des Rencontres de Bamako marque une étape importante dans la préparation de la Biennale africaine de la photographie. Prévue du 26 novembre 2026 au 26 janvier 2027, cette édition sera placée sous le thème REFABULATION(S) et réunira une équipe composée d’Armelle Dakouo comme commissaire générale, accompagnée des co-commissaires Ange-Frédéric Koffi, Lamine Diarra et Sandrine Honliasso.
Une annonce qui rappelle également le rôle particulier qu’occupent les Rencontres de Bamako dans l’histoire de la photographie contemporaine africaine.
Armelle Dakouo
Crédit photo : Bénédicte KurzenI
Une institution née à Bamako et devenue une référence mondiale
Créées en 1994, les Rencontres de Bamako sont aujourd’hui reconnues comme la première biennale africaine consacrée à la photographie et aux pratiques de l’image sur le continent. Depuis plus de trente ans, elles constituent un espace de découverte, de débat et de visibilité pour plusieurs générations de photographes africains.
Au fil des éditions, la biennale a accompagné l’émergence de nombreux artistes devenus des références internationales. Elle a également contribué à faire de Bamako l’un des centres majeurs de réflexion sur les images produites en Afrique et sur l’Afrique.
Peu d’événements culturels africains disposent d’une telle continuité. Malgré les crises politiques, les difficultés économiques, les contraintes sécuritaires ou les bouleversements internationaux, la biennale a poursuivi son travail de documentation, de diffusion et de reconnaissance de la création photographique africaine.
Cette longévité lui a permis de devenir une référence pour les institutions, les commissaires d’exposition, les collectionneurs, les chercheurs et les médias spécialisés du monde entier. Plusieurs observateurs la considèrent aujourd’hui comme le principal rendez-vous international consacré à la photographie africaine contemporaine.
Bamako, capitale historique de la photographie africaine
Le rôle des Rencontres de Bamako s’inscrit dans une histoire plus large.
Les Rencontres de Bamako prolongent cet héritage. Tous les deux ans, elles transforment la ville en espace d’exposition, de réflexion et de rencontres professionnelles. Expositions, conférences, projections, ateliers et semaines professionnelles attirent artistes, chercheurs, commissaires et institutions venus de plusieurs continents.
Dans un secteur où les centres de décision restent souvent situés hors du continent africain, la biennale conserve une singularité importante : elle est organisée au Mali, portée par les institutions culturelles maliennes et ancrée dans un territoire qui participe lui-même à l’histoire de la photographie.
Une équipe curatoriale aux profils complémentaires
Pour cette quinzième édition, la commissaire générale Armelle Dakouo apporte une expérience construite entre l’Afrique de l’Ouest, l’Europe et les Caraïbes. Commissaire d’exposition indépendante et directrice artistique, elle développe depuis plus de quinze ans des projets consacrés aux scènes artistiques africaines et afro-diasporiques. Son travail porte notamment sur les questions de mémoire, d’archives, de transmission et de circulation des récits.
Ange-Frederic Koffi
Elle sera accompagnée par Ange-Frédéric Koffi, plasticien, historien de l’art et commissaire d’exposition dont les recherches portent sur les régimes d’images, les récits historiques et les héritages postcoloniaux. Son parcours associe pratique artistique, recherche universitaire et commissariat international.
Lamine Diarra,
Crédit Photo : Antoine Tempe
Lamine Diarra apporte pour sa part une expérience issue du théâtre, de l’espace public et du travail culturel de proximité. Fondateur des Praticables à Bamako, il développe depuis plusieurs années des projets qui articulent création artistique, participation citoyenne et ancrage urbain.
Sandrine Honliasso
Enfin, Sandrine Honliasso complète l’équipe avec une approche attentive aux questions migratoires, aux circulations culturelles et aux scènes artistiques africaines et diasporiques. Commissaire d’exposition et critique d’art, elle développe son travail entre recherche, édition et production curatoriale.
L’ensemble dessine une équipe où se croisent histoire de l’art, photographie, création contemporaine, théâtre, recherche et critique.
REFABULATION(S), un thème au cœur des débats contemporains
Le thème choisi pour cette édition, REFABULATION(S), s’inscrit dans plusieurs débats qui traversent aujourd’hui les arts visuels, les sciences sociales et les pratiques curatoriales.
La notion de refabulation interroge la manière dont les récits sont construits, transmis, contestés ou réinventés. Elle ouvre un espace de réflexion sur la mémoire, les archives, les histoires officielles, les récits minorés et les imaginaires collectifs.
Dans le contexte africain comme dans les diasporas, ces questions traversent aujourd’hui une grande partie de la création contemporaine. Elles concernent autant les héritages coloniaux que les mutations urbaines, les migrations, les identités culturelles, les technologies de l’image ou les nouvelles formes de narration visuelle.
Le choix de ce thème place la photographie au centre d’une interrogation plus large sur la production des récits contemporains.
Une édition stratégique pour le Mali
Cette quinzième édition intervient également dans un moment particulier pour le Mali.
Depuis plusieurs années, les acteurs culturels maliens poursuivent leur travail dans un environnement marqué par des défis sécuritaires, économiques et institutionnels importants. Dans ce contexte, maintenir et développer une biennale de cette ampleur constitue un signal fort envoyé aux professionnels de la culture, aux partenaires internationaux et aux artistes du continent.
L’édition 2026 sera également la première placée sous la direction générale d’El Hadj Amadou Diop. Sa nomination ouvre une nouvelle séquence pour l’événement, avec la responsabilité de consolider l’héritage des éditions précédentes tout en accompagnant les transformations nécessaires à une institution qui entre dans sa quatrième décennie d’existence.
L’enjeu dépasse la réussite d’une exposition.
Il s’agit de maintenir à Bamako l’un des rares espaces africains capables de réunir, à une telle échelle, artistes, institutions, commissaires, chercheurs, collectionneurs, médias et publics autour des pratiques contemporaines de l’image.
Trente-deux ans après sa création, la Biennale africaine de la photographie demeure l’un des instruments culturels les plus influents du continent. La composition de cette nouvelle équipe curatoriale montre que les Rencontres de Bamako entendent poursuivre cette histoire tout en ouvrant un nouveau chapitre.
Le 14 mai 2026, la Maison africaine de la photographie de Bamako a accueilli la cérémonie officielle de lancement de la 15e édition des Rencontres de Bamako – Biennale africaine de la photographie. Prévue du 26 novembre 2026 au 26 janvier 2027, cette nouvelle édition débutera par une semaine professionnelle organisée du 26 novembre au 2 décembre.
Autour du ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, plusieurs personnalités du monde culturel et diplomatique avaient fait le déplacement : la commissaire générale Armelle Dakouo, le délégué général El Hadj Amadou Diop, le directeur de la Maison africaine de la photographie Tidiane Sangaré, des membres du Conseil des sages ainsi que des représentants du corps diplomatique.
Deux jours avant cette cérémonie, Armelle Dakouo avait été reçue par le ministre Mamou Daffé dans le cadre des préparatifs de la Biennale. Elle était accompagnée de Tidiane Sangaré et d’El Hadj Amadou Diop. Cette rencontre avait permis de présenter officiellement au ministre la nouvelle commissaire générale choisie à l’issue de l’appel à candidatures, mais aussi d’échanger sur les grandes orientations de cette édition et les derniers ajustements liés au lancement public de l’événement.
Les Rencontres de Bamako, trente ans au cœur de la photographie africaine
Créées en 1994, les Rencontres de Bamako sont considérées comme l’un des principaux rendez-vous internationaux consacrés à la photographie africaine contemporaine. Organisée tous les deux ans au Mali, la Biennale rassemble photographes, commissaires d’exposition, chercheurs, collectionneurs et professionnels de l’image venus d’Afrique, de la diaspora et d’autres scènes internationales.
Au fil des éditions, la Biennale a accompagné plusieurs générations de photographes africains, de Seydou Keïta et Malick Sidibé, Seydou Camara jusqu’aux scènes contemporaines venues du continent, de ses diasporas et des communautés afro-descendantes. Pendant plusieurs semaines, Bamako devient un espace de circulation où se croisent artistes, commissaires d’exposition, chercheurs, critiques, collectionneurs, journalistes et professionnels de la culture.
La manifestation s’est construite dans un rapport particulier à la photographie africaine : celui d’un événement pensé depuis le continent lui-même, à partir de ses récits, de ses archives et de ses transformations politiques et sociales.
“REFABULATION(s)” : déplacer les récits
La 15e édition portera le titre « REFABULATION(s) ».
Pour Armelle Dakouo, la « refabulation » apparaît dans son approche curatoriale comme une manière de reprendre la main sur les récits, les images et les mémoires. Le terme renvoie à l’écrivain nigérian Chinua Achebe, qui voyait dans la narration une réponse aux mécanismes de dépossession culturelle, d’aliénation et d’assimilation. À travers cette édition, la photographie est pensée comme un espace capable de produire d’autres récits et d’autres représentations du monde africain contemporain.
Dans cette approche, la photographie est un espace de déplacement des regards, de recomposition des imaginaires et de réécriture des histoires.
Cette réflexion traverse aujourd’hui une partie importante de la création visuelle africaine, notamment autour des archives, de la mémoire coloniale, des représentations du corps, des récits urbains et des identités diasporiques.
Dans un contexte mondial marqué par l’intelligence artificielle générative et la multiplication des images synthétiques, la Biennale interroge aussi la capacité de la photographie africaine à produire ses propres récits visuels.
Armelle Dakouo, une commissaire au croisement des scènes africaines et diasporiques
La nomination d’Armelle Dakouo inscrit cette édition dans une géographie curatoriale déjà largement connectée aux scènes artistiques africaines et diasporiques.
Commissaire d’exposition indépendante et directrice artistique, elle travaille depuis plus de quinze ans sur les pratiques contemporaines de l’image, entre Afrique, Europe et espaces méditerranéens. Son parcours passe par Dakar, où elle a vécu plusieurs années, puis par le Maroc, avant de développer des collaborations internationales autour de la photographie, des archives et des scènes afro-diasporiques.
Elle a dirigé artistiquement AKAA – Also Known As Africa à Paris entre 2017 et 2024, accompagné plusieurs expositions collectives et personnelles, participé à la Biennale du Congo à Kinshasa et assuré récemment le commissariat de la Biennale PhotoSa à Ouagadougou.
Ses projets reviennent souvent sur les questions de mémoire, de transmission et d’histoire visuelle. Cette approche entre directement en résonance avec le positionnement historique des Rencontres de Bamako.
Une Biennale dans un Mali en recomposition
Depuis trente ans, Bamako occupe une place centrale dans l’histoire de la photographie africaine contemporaine.
Le texte de présentation évoque explicitement une « souveraineté culturelle » que les organisateurs considèrent comme essentielle dans cette période de transition.
L’inscription de cette édition dans l’Année de l’Éducation et de la Culture décrétée par le président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, participe également à cette lecture institutionnelle de la culture comme espace de mémoire, de transmission et de projection collective.
El Hadj Amadou Diop à la délégation générale des Rencontres de Bamako
À la délégation générale, le choix d’El Hadj Amadou Diop installé depuis juillet 2025. Son parcours s’est construit dans plusieurs espaces à la fois. Télévision, radio, documentaire, communication institutionnelle, production exécutive, événementiel culturel ou accompagnement de projets internationaux : il appartient à cette génération de professionnels maliens apparue dans les années 2000 autour des mutations de l’audiovisuel et des industries culturelles ouest-africaines.
Au fil des années, Diop a travaillé aussi bien avec des institutions publiques qu’avec des projets culturels indépendants, des organisations internationales ou des productions documentaires tournées au Mali. Son parcours passe notamment par le Bamako Jazz Festival, la Fondation Ali Farka Touré, plusieurs programmes des Nations unies, des productions audiovisuelles internationales et le secteur des médias maliens.
Cette trajectoire lui donne une connaissance fine des équilibres entre création artistique, visibilité médiatique, diplomatie culturelle et contraintes opérationnelles, dans un contexte où les événements culturels africains doivent désormais gérer simultanément des enjeux artistiques, institutionnels, logistiques et internationaux.
Une Biennale ouverte aux scènes africaines et diasporiques
Les organisateurs ont également lancé un appel à projets destiné aux photographes, vidéastes, plasticiens et artistes visuels africains, afro-descendants et issus des diasporas.
Expositions, performances, interventions in situ, projets numériques ou résidences courtes pourront intégrer la programmation satellite de cette édition.
Cette ouverture confirme l’évolution progressive des Rencontres de Bamako. La Biennale ne se limite plus à la photographie documentaire ou patrimoniale. Elle accueille désormais des formes hybrides où dialoguent photographie, vidéo, performance, archives, création numérique et recherche visuelle contemporaine.
Bamako face à une nouvelle génération de plateformes culturelles africaines
Depuis les années 1990, le paysage culturel africain s’est profondément transformé. Dakar, Marrakech, Johannesburg, Tunis, Kigali ou Lagos ont développé leurs propres Biennales, foires, festivals et plateformes curatoriales.
Dans ce nouvel environnement, Bamako conserve néanmoins une place particulière. Peu d’événements africains consacrés à l’image disposent d’une histoire comparable, d’un ancrage aussi fort dans la photographie et d’une telle reconnaissance auprès des scènes africaines contemporaines.
La 15e édition devra désormais transformer cet héritage en nouvelle dynamique de circulation, de visibilité et de présence internationale. Les Rencontres de Bamako restent l’un des principaux événements consacrés à la photographie africaine contemporaine.
Le lancement officiel du 14 mai marque le début de cette nouvelle séquence.
Et si l’eau pouvait parler, danser, se raconter ? C’est le pari artistique et identitaire de Kadidja Tiemanta, danseuse-chorégraphe malienne d’origine Bozo, qui fait de chaque pas un hommage à ses racines et une exploration du monde.
« Je suis Bozo », affirme-t-elle d’une voix claire et tranquille. Ce n’est pas une simple déclaration d’identité. C’est un manifeste, un ancrage. Chez les Bozo, l’eau est tout : lieu de vie, de mémoire, de transmission, de spiritualité. Ils sont appelés « les maîtres du fleuve ». Nomades de l’eau, ils se déplacent au rythme du fleuve Niger, de ses crues, de ses replis. Ce lien intime à l’eau, Kadidja Tiemanta l’a transposé dans son corps, dans son art, dans sa danse.
Formée à la danse africaine et contemporaine, elle porte cette identité avec grâce, sur scène comme dans la vie. Kadidja ne se contente pas de danser, elle habite ses origines et les fait voyager. Sa trajectoire artistique est tissée de multiples itinérances, de Bamako au Ghana, du Burkina Faso au Togo, en passant par le Bénin, le Sénégal, la Guinée, le Niger, le Nigéria. Chaque déplacement est pour elle un acte de connaissance et d’ouverture.
« Le fait que je bouge fréquemment est lié à mon identité Bozo. Les Bozo sont un peuple qui bouge beaucoup. » Affirme-t-elle. Dans un monde où la mobilité devient souvent une épreuve, où les frontières s’érigent comme des murs d’obstacles, Kadidja revendique ce nomadisme culturel comme une richesse, une philosophie de vie.
L’art comme archive vivante
Mais la danse n’est pas qu’expression. Pour Kadidja, elle est un outil de mémoire, de documentation. Son rêve ? Archiver la culture Bozo, recueillir les récits, les gestes, les croyances, pour ne pas les laisser se dissoudre dans le silence. Elle veut créer des œuvres qui racontent l’histoire de son peuple, dans sa complexité, sa beauté, ses douleurs aussi. Une entreprise à la fois artistique et politique.
Regards croisés sur l’Afrique
Parmi ses souvenirs de voyage, elle évoque le Ghana, sa propreté, sa rigueur, son esthétique urbaine. Elle s’émerveille des styles vestimentaires, des manières d’habiter la ville. Chaque pays lui a appris quelque chose. Chaque rencontre l’a nourrie. C’est cette ouverture au monde qu’elle souhaite transmettre aux jeunes Bozo d’aujourd’hui.
« Si vous avez envie de bouger, bougez. Allez découvrir d’autres mondes, d’autres cultures. Ça nourrit l’esprit et le corps. »
Un plaidoyer pour l’eau, la culture et la jeunesse
Mais tout n’est pas simple. Pour les jeunes Bozo, la mobilité est souvent freinée par les réalités économiques. L’accès à l’éducation, à l’emploi, à la formation culturelle reste un défi. Face à cela, Kadidja appelle les décideurs à prendre leurs responsabilités : « Préservez cette culture, ce peuple, pour qu’il puisse continuer à vivre du fleuve. Il faut des mesures pour sauvegarder cette nature et cette identité. »
Quel serait son rêve fou ? Que les jeunes Bozo puissent créer, voyager, être vus, reconnus. Que leur culture ne soit plus un vestige, mais une source vivante de créativité, d’innovation et de beauté. Kadidja Tiemanta danse l’eau comme d’autres écrivent des livres. Elle nous invite à écouter ce que disent les courants, les silences, les racines.
Ce contenu a été créé dans le cadre du projet Move Africa, commandé par la Commission de l’Union africaine et soutenu par Africa No Filter (ANF) avec le financement de la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) GmbH. Les points de vue et opinions exprimés sont ceux des auteurs uniquement et ne reflètent pas nécessairement ceux de la GIZ, de l’Union africaine ou d’ANF.
Léonella OLOUKOI est communicatrice et créatrice de contenus digitaux, titulaire d’un Master en Marketing Communication. Elle cumule dix années d’expérience dans les médias et se distingue par sa passion pour la communication digitale et la culture. Depuis 2022, elle dirige la communication digitale d’une organisation internationale, où elle œuvre à diffuser une image positive sur les plateformes numériques.
Spécialiste de la communication digitale et entrepreneur culturel entre le Burkina Faso, le Mali et la France, Wilfried SANDWIDI incarne une jeunesse africaine mobile, créative et engagée. À la tête de sa structure CDC Connexion (Culture – Digital –Communication), il milite pour une Afrique où les idées, les talents et les cultures circulent librement. Entretien avec un homme de terrain, passionné par le lien entre culture et innovation.
Une identité à la croisée des mondes
Burkinabè, Wilfried SANDWIDI se définit d’abord comme un professionnel de la communication passionné par la culture. Son parcours est marqué par un voyage constant entre l’Afrique et l’Europe. Il commence sa carrière au Burkina Faso, traverse le Mali en route vers le Sénégal, puis fait une halte décisive à Bamako. Séduit par l’effervescence culturelle de la capitale malienne, il y pose ses valises en 2017 :
“L’écosystème entrepreneurial à Bamako est très dynamique. C’est là que j’ai trouvé l’énergie pour m’installer et développer mes projets.”
Aujourd’hui, il partage sa vie entre le Mali et la France, tout en gardant un lien solide avec son pays natal, le Burkina Faso. Sa structure, CDC Connexion, installée au Burkina Faso, accompagne de nombreux projets à l’échelle nationale et régionale. Une vision panafricaine de l’entrepreneuriat culturel Wilfried refuse d’être enfermé dans un territoire. Pour lui, l’avenir de l’Afrique se joue aussi dans la mobilité de ses talents.
Son expérience, nourrie de voyages et de rencontres, alimente une démarche professionnelle profondément panafricaine :
“Je suis un Africain ouvert sur le monde. Je refuse d’être un professionnel rattaché à un territoire. Je veux que la culture voyage, que les idées circulent, que les jeunes entrepreneurs puissent se mouvoir librement.”
Mais cette vision se heurte à de nombreux obstacles : barrières administratives, manque de politiques claires, lenteurs institutionnelles. Le constat est sans appel : “Les jeunes entrepreneurs sont souvent freinés par des politiques rigides, un manque de formation, des blocages à la mobilité. Voyager, c’est un casse-tête pour nous les entrepreneurs culturels.”
Will SANWIDI, à la coordination de la communication du Mali Mode Show 2023
Documenter, former, faire évoluer les mentalités
Face à ces défis, Wilfried ne se contente pas de pointer du doigt. Il agit. À travers la communication digitale, il documente, forme et sensibilise. Ses projets sont autant d’opportunités pour transmettre, créer du lien et professionnaliser les jeunes dans le secteur culturel :
“Je travaille avec des jeunes sur le terrain. Quand je monte un projet, je les amène à comprendre les enjeux, à se former, à s’outiller. C’est ça ma contribution.”
À travers ses interventions dans des festivals, des formations, ou encore des campagnes de communication, Wilfried tisse un réseau de jeunes professionnels conscients des réalités de leur continent et capables de s’y projeter durablement.
Pour cet entrepreneur engagé, les politiques publiques doivent évoluer :
“Je demande aux dirigeants de revoir les politiques d’entrepreneuriat culturel. Il faut faciliter la mobilité, ouvrir les frontières aux idées et aux talents. La culture doit circuler pour s’épanouir.”
À ceux qui veulent s’engager dans les métiers de la culture et du digital, Wilfried adresse un message clair : persévérer, rêver grand, et construire sur le long terme. Et pour conclure, il appelle à une Afrique apaisée, tournée vers le monde mais enracinée dans sa richesse culturelle :
“Je veux que l’Africain d’aujourd’hui se voie comme un citoyen du monde. Et que la paix revienne en Afrique de l’Ouest, pour que nos rêves aient un sol fertile où s’épanouir.”
Ce contenu a été créé dans le cadre du projet Move Africa, commandé par la Commission de l’Union africaine et soutenu par Africa No Filter (ANF) avec le financement de la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) GmbH. Les points de vue et opinions exprimés sont ceux des auteurs uniquement et ne reflètent pas nécessairement ceux de la GIZ, de l’Union africaine ou d’ANF.
L’AUTEUR.E
Léonella OLOUKOI est communicatrice et créatrice de contenus digitaux, titulaire d’un Master en Marketing Communication. Elle cumule dix années d’expérience dans les médias et se distingue par sa passion pour la communication digitale et la culture. Depuis 2022, elle dirige la communication digitale d’une organisation internationale, où elle œuvre à diffuser une image positive sur les plateformes numériques.
À travers Kalapo, c’est une Afrique visuelle, engagée et documentée qui se dessine. Une Afrique qui ne fuit pas son passé, mais le met en lumière. Une Afrique jeune, qui prend la parole, et surtout, qui sait où elle va. Appareil photo en bandoulière, Kalapo marche dans les pas de ses ancêtres pêcheurs, sauf que ses filets à lui attrapent la lumière. Dans l’objectif de John Moussa Kalapo, l’eau devient mémoire, les visages deviennent récits, et les silences prennent la parole. Artiste visuel, photographe engagé et héritier de la culture Bozo, il incarne une jeunesse africaine qui voyage pour mieux transmettre, observe pour mieux comprendre, et crée pour mieux sauvegarder.
Quand on lui demande qui il est, John Moussa Kalapo répond sans détour : « Je suis Bozo. »
Cette simple affirmation dit tout d’une appartenance profonde, d’un lien viscéral à une culture millénaire. Les Bozo, appelés « les maîtres du fleuve », forment un peuple nomade du Mali, vivant au rythme de l’eau, bâtissant leurs maisons selon les crues et les saisons, et porteurs d’un savoir ancien sur les écosystèmes fluviaux. Les Bozo sont un peuple de l’eau, de pêcheurs, de mouvements.
Chez Kalapo, cet héritage ne s’exprime pas en pirogue, mais en images. Avec l’appareil photo comme boussole, il a parcouru l’Afrique, l’Europe et les Amériques, exposant ses œuvres à Abidjan, Lomé, Paris, Londres ou encore New York. Son style ? Un mélange entre photojournalisme et narration visuelle, où l’émotion se fait outil de compréhension du réel.
John Kalapo, l’artiste qui documente les traces invisibles.
Plus qu’un photographe, Kalapo est un archiviste du sensible. Il a contribué à la sauvegarde d’un patrimoine rare : les fonds photographiques de légendes africaines comme Malick Sidibé, Abderrahmane Sakaly, Adama Kouyaté ou Tijane Sitou. Il a aussi œuvré pour la préservation des archives des luttes des femmes maliennes, un chantier mémoriel de première importance.
À travers ces projets, il construit un pont entre l’Afrique d’hier et celle de demain, entre les silences oubliés et les voix émergentes : « Ce qui m’anime, c’est rendre visibles des réalités qu’on ne regarde plus. »
Un artiste nomade à l’âme Bozo
John Moussa Kalapo est à la fois globe-trotter et enraciné. Son identité Bozo, loin d’être figée, nourrit ses voyages, ses rencontres, ses choix esthétiques. Il fait partie d’une génération d’artistes africains qui croient en la mobilité comme apprentissage. Mais il sait aussi combien cette liberté est entravée. « Les jeunes Bozo vivent dans la précarité. L’accès à la mobilité, à l’éducation, est souvent bloqué, par le manque de moyens. » Face à cette réalité, Kalapo agit. À Bamako, il anime des ateliers de photographie pour les enfants et pour les jeunes, pour transmettre, pour initier, pour ouvrir des portes. Ces ateliers deviennent des lieux de respiration, d’éveil à l’image, à l’expression, à la critique : « Je veux qu’ils puissent observer le monde autrement. Se sentir capables de le raconter à leur tour. »
L’eau comme fil conducteur, la mémoire comme urgence
Aujourd’hui, John travaille sur un documentaire autour des Bozo, sur tous ceux et celles qui vivent au bord de l’eau. Il veut documenter cette culture mouvante, avant qu’elle ne disparaisse. Car si l’eau est source de vie, elle est aussi devenue, dans certaines zones, un territoire menacé, fragilisé par le changement climatique, l’urbanisation ou le désintérêt des politiques. « Je suis fier d’être Bozo. J’apprends de cette culture. Et je veux la transmettre, en images, en récits, en gestes. », affirme-t-il comme mot de fin pour conclure.
Ce contenu a été créé dans le cadre du projet Move Africa, commandé par la Commission de l’Union africaine et soutenu par Africa No Filter (ANF) avec le financement de la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) GmbH. Les points de vue et opinions exprimés sont ceux des auteurs uniquement et ne reflètent pas nécessairement ceux de la GIZ, de l’Union africaine ou d’ANF.
L’AUTEUR.E
Léonella OLOUKOI est communicatrice et créatrice de contenus digitaux, titulaire d’un Master en Marketing Communication. Elle cumule dix années d’expérience dans les médias et se distingue par sa passion pour la communication digitale et la culture. Depuis 2022, elle dirige la communication digitale d’une organisation internationale, où elle œuvre à diffuser une image positive sur les plateformes numériques.