Sélectionner une page
Kadidja Tiemanta : danser l’eau,  habiter le monde

Kadidja Tiemanta : danser l’eau, habiter le monde

Et si l’eau pouvait parler, danser, se raconter ? C’est le pari artistique et identitaire de Kadidja Tiemanta, danseuse-chorégraphe malienne d’origine Bozo, qui fait de chaque pas un hommage à ses racines et une exploration du monde.

« Je suis Bozo », affirme-t-elle d’une voix claire et tranquille. Ce n’est pas une simple déclaration d’identité. C’est un manifeste, un ancrage. Chez les Bozo, l’eau est tout : lieu de vie, de mémoire, de transmission, de spiritualité. Ils sont appelés « les maîtres du fleuve ». Nomades de l’eau, ils se déplacent au rythme du fleuve Niger, de ses crues, de ses replis. Ce lien intime à l’eau, Kadidja Tiemanta l’a transposé dans son corps, dans son art, dans sa danse.

Formée à la danse africaine et contemporaine, elle porte cette identité avec grâce, sur scène comme dans la vie. Kadidja ne se contente pas de danser, elle habite ses origines et les fait voyager. Sa trajectoire artistique est tissée de multiples itinérances, de Bamako au Ghana, du Burkina Faso au Togo, en passant par le Bénin, le Sénégal, la Guinée, le Niger, le Nigéria. Chaque déplacement est pour elle un acte de connaissance et d’ouverture.

« Le fait que je bouge fréquemment est lié à mon identité Bozo. Les Bozo sont un peuple qui bouge beaucoup. » Affirme-t-elle. Dans un monde où la mobilité devient souvent une épreuve, où les frontières s’érigent comme des murs d’obstacles, Kadidja revendique ce nomadisme culturel comme une richesse, une philosophie de vie.

L’art comme archive vivante

Mais la danse n’est pas qu’expression. Pour Kadidja, elle est un outil de mémoire, de documentation. Son rêve ? Archiver la culture Bozo, recueillir les récits, les gestes, les croyances, pour ne pas les laisser se dissoudre dans le silence. Elle veut créer des œuvres qui racontent l’histoire de son peuple, dans sa complexité, sa beauté, ses douleurs aussi. Une entreprise à la fois artistique et politique.

Regards croisés sur l’Afrique

Parmi ses souvenirs de voyage, elle évoque le Ghana, sa propreté, sa rigueur, son esthétique urbaine. Elle s’émerveille des styles vestimentaires, des manières d’habiter la ville. Chaque pays lui a appris quelque chose. Chaque rencontre l’a nourrie. C’est cette ouverture au monde qu’elle souhaite transmettre aux jeunes Bozo d’aujourd’hui.

« Si vous avez envie de bouger, bougez. Allez découvrir d’autres mondes, d’autres cultures. Ça nourrit l’esprit et le corps. »

Un plaidoyer pour l’eau, la culture et la jeunesse

Mais tout n’est pas simple. Pour les jeunes Bozo, la mobilité est souvent freinée par les réalités économiques. L’accès à l’éducation, à l’emploi, à la formation culturelle reste un défi. Face à cela, Kadidja appelle les décideurs à prendre leurs responsabilités : « Préservez cette culture, ce peuple, pour qu’il puisse continuer à vivre du fleuve. Il faut des mesures pour sauvegarder cette nature et cette identité. »

Kadidja TIEMANTA © Agnès Mellon | Marseille 2024, 𝑴𝑬𝑻𝑨𝑴𝑶𝑹𝑷𝑯#3 | 𝑳𝒂𝒃𝒐𝒓𝒂𝒕𝒐𝒊𝒓𝒆 𝒑𝒐𝒖𝒓 𝒖𝒏𝒆 é𝒎𝒆𝒓𝒈𝒆𝒏𝒄𝒆 𝒅𝒆𝒔 𝑺𝒖𝒅𝒔 | Sortie de Résidence du Spectacle « Dji, l’épopée de l’eau »

Quel serait son rêve fou ? Que les jeunes Bozo puissent créer, voyager, être vus, reconnus. Que leur culture ne soit plus un vestige, mais une source vivante de créativité, d’innovation et de beauté. Kadidja Tiemanta danse l’eau comme d’autres écrivent des livres. Elle nous invite à écouter ce que disent les courants, les silences, les racines.


Ce contenu a été créé dans le cadre du projet Move Africa, commandé par la Commission de l’Union africaine et soutenu par Africa No Filter (ANF) avec le financement de la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) GmbH. Les points de vue et opinions exprimés sont ceux des auteurs uniquement et ne reflètent pas nécessairement ceux de la GIZ, de l’Union africaine ou d’ANF.

Voir un autre contenu dans le cadre de ce projet


L’AUTEUR.E

Léonella OLOUKOI est communicatrice et créatrice de contenus digitaux, titulaire d’un Master en Marketing Communication. Elle cumule dix années d’expérience dans les médias et se distingue par sa passion pour la communication digitale et la culture. Depuis 2022, elle dirige la communication digitale d’une organisation internationale, où elle œuvre à diffuser une image positive sur les plateformes numériques.

Voire d’autres articles de Léonella

L’AFRIQUE QUI BOUGE : Itinéraire d’un entrepreneur culturel sans frontières

L’AFRIQUE QUI BOUGE : Itinéraire d’un entrepreneur culturel sans frontières

Spécialiste de la communication digitale et entrepreneur culturel entre le Burkina Faso, le Mali et la France, Wilfried SANDWIDI incarne une jeunesse africaine mobile, créative et engagée. À la tête de sa structure CDC Connexion (Culture – Digital –Communication), il milite pour une Afrique où les idées, les talents et les cultures circulent librement. Entretien avec un homme de terrain, passionné par le lien entre culture et innovation.


Une identité à la croisée des mondes

Burkinabè, Wilfried SANDWIDI se définit d’abord comme un professionnel de la communication passionné par la culture. Son parcours est marqué par un voyage constant entre l’Afrique et l’Europe. Il commence sa carrière au Burkina Faso, traverse le Mali en route vers le Sénégal, puis fait une halte décisive à Bamako. Séduit par l’effervescence culturelle de la capitale malienne, il y pose ses valises en 2017 :

“L’écosystème entrepreneurial à Bamako est très dynamique. C’est là que j’ai trouvé l’énergie pour
m’installer et développer mes projets.”


Aujourd’hui, il partage sa vie entre le Mali et la France, tout en gardant un lien solide avec son pays natal, le Burkina Faso. Sa structure, CDC Connexion, installée au Burkina Faso, accompagne de nombreux projets à l’échelle nationale et régionale.
Une vision panafricaine de l’entrepreneuriat culturel Wilfried refuse d’être enfermé dans un territoire. Pour lui, l’avenir de l’Afrique se joue aussi dans la mobilité de ses talents.

Son expérience, nourrie de voyages et de rencontres, alimente une démarche professionnelle profondément panafricaine :

“Je suis un Africain ouvert sur le monde. Je refuse d’être un professionnel rattaché à un territoire. Je veux que la culture voyage, que les idées circulent, que les jeunes entrepreneurs puissent se mouvoir librement.”


Mais cette vision se heurte à de nombreux obstacles : barrières administratives, manque de politiques claires, lenteurs institutionnelles. Le constat est sans appel : “Les jeunes entrepreneurs sont souvent freinés par des politiques rigides, un manque de formation, des blocages à la mobilité. Voyager, c’est un casse-tête pour nous les entrepreneurs culturels.”

Will SANWIDI, Mali Mode 2023
Will SANWIDI, à la coordination de la communication du Mali Mode Show 2023


Documenter, former, faire évoluer les mentalités

Face à ces défis, Wilfried ne se contente pas de pointer du doigt. Il agit. À travers la communication digitale, il documente, forme et sensibilise. Ses projets sont autant d’opportunités pour transmettre, créer du lien et professionnaliser les jeunes dans le secteur culturel :

“Je travaille avec des jeunes sur le terrain. Quand je monte un projet, je les amène à comprendre les enjeux, à se former, à s’outiller. C’est ça ma contribution.”

À travers ses interventions dans des festivals, des formations, ou encore des campagnes de communication, Wilfried tisse un réseau de jeunes professionnels conscients des réalités de leur continent et capables de s’y projeter durablement.

Pour cet entrepreneur engagé, les politiques publiques doivent évoluer :

“Je demande aux dirigeants de revoir les politiques d’entrepreneuriat culturel. Il faut faciliter la mobilité, ouvrir les frontières aux idées et aux talents. La culture doit circuler pour s’épanouir.”

À ceux qui veulent s’engager dans les métiers de la culture et du digital, Wilfried adresse un message clair : persévérer, rêver grand, et construire sur le long terme. Et pour conclure, il appelle à une Afrique apaisée, tournée vers le monde mais enracinée dans sa richesse culturelle :

“Je veux que l’Africain d’aujourd’hui se voie comme un citoyen du monde. Et que la paix revienne en Afrique de l’Ouest, pour que nos rêves aient un sol fertile où s’épanouir.


Ce contenu a été créé dans le cadre du projet Move Africa, commandé par la Commission de l’Union africaine et soutenu par Africa No Filter (ANF) avec le financement de la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) GmbH. Les points de vue et opinions exprimés sont ceux des auteurs uniquement et ne reflètent pas nécessairement ceux de la GIZ, de l’Union africaine ou d’ANF.


L’AUTEUR.E

Léonella OLOUKOI est communicatrice et créatrice de contenus digitaux, titulaire d’un Master en Marketing Communication. Elle cumule dix années d’expérience dans les médias et se distingue par sa passion pour la communication digitale et la culture. Depuis 2022, elle dirige la communication digitale d’une organisation internationale, où elle œuvre à diffuser une image positive sur les plateformes numériques.

Voire d’autres articles de Léonella

John  KALAPO : l’oeil Bozo qui archive l’eau, la mémoire et les luttes

John KALAPO : l’oeil Bozo qui archive l’eau, la mémoire et les luttes


Portrait d’une Afrique qui regarde le monde, caméra à la main

À travers Kalapo, c’est une Afrique visuelle, engagée et documentée qui se dessine. Une Afrique qui ne fuit pas son passé, mais le met en lumière. Une Afrique jeune, qui prend la parole, et surtout, qui sait où elle va. Appareil photo en bandoulière, Kalapo marche dans les pas de ses ancêtres pêcheurs, sauf que ses filets à lui attrapent la lumière. Dans l’objectif de
John Moussa Kalapo, l’eau devient mémoire, les visages deviennent récits, et les silences prennent la parole. Artiste visuel, photographe engagé et héritier de la culture Bozo, il incarne une jeunesse africaine qui voyage pour mieux transmettre, observe pour mieux comprendre, et crée pour mieux sauvegarder.


Quand on lui demande qui il est, John Moussa Kalapo répond sans détour :
« Je suis Bozo. »

Cette simple affirmation dit tout d’une appartenance profonde, d’un lien viscéral à une culture millénaire. Les Bozo, appelés « les maîtres du fleuve », forment un peuple nomade du Mali, vivant au rythme de l’eau, bâtissant leurs maisons selon les crues et les saisons, et porteurs d’un savoir ancien sur les écosystèmes fluviaux. Les Bozo sont un peuple de l’eau, de pêcheurs, de mouvements.

Chez Kalapo, cet héritage ne s’exprime pas en pirogue, mais en images. Avec l’appareil photo comme boussole, il a parcouru l’Afrique, l’Europe et les Amériques, exposant ses œuvres à Abidjan, Lomé, Paris, Londres ou encore New York. Son style ? Un mélange entre photojournalisme et narration visuelle, où l’émotion se fait outil de compréhension du réel.

A voir aussi sur John Kalapo

Un autre Mali dans un autre monde : itinéraires photographiques d’une jeunesse en mouvement


John Kalapo, l’artiste qui documente les traces invisibles.

Plus qu’un photographe, Kalapo est un archiviste du sensible. Il a contribué à la sauvegarde d’un patrimoine rare : les fonds photographiques de légendes africaines comme Malick Sidibé, Abderrahmane Sakaly, Adama Kouyaté ou Tijane Sitou. Il a aussi œuvré pour la préservation des archives des luttes des femmes maliennes, un chantier mémoriel de première
importance.

À travers ces projets, il construit un pont entre l’Afrique d’hier et celle de demain, entre les silences oubliés et les voix émergentes : « Ce qui m’anime, c’est rendre visibles des réalités qu’on ne regarde plus. »


Un artiste nomade à l’âme Bozo

John Moussa Kalapo est à la fois globe-trotter et enraciné. Son identité Bozo, loin d’être figée, nourrit ses voyages, ses rencontres, ses choix esthétiques. Il fait partie d’une génération d’artistes africains qui croient en la mobilité comme apprentissage. Mais il sait aussi combien cette liberté est entravée. « Les jeunes Bozo vivent dans la précarité. L’accès à la mobilité, à l’éducation, est souvent bloqué, par le manque de moyens. » Face à cette réalité, Kalapo agit. À Bamako, il anime des ateliers de photographie pour les enfants et pour les jeunes, pour transmettre, pour initier, pour ouvrir des portes. Ces ateliers deviennent des lieux de respiration, d’éveil à l’image, à l’expression, à la critique : « Je veux qu’ils puissent observer le monde autrement. Se sentir capables de le raconter à leur tour. »

L’eau comme fil conducteur, la mémoire comme urgence

Aujourd’hui, John travaille sur un documentaire autour des Bozo, sur tous ceux et celles qui vivent au bord de l’eau. Il veut documenter cette culture mouvante, avant qu’elle ne disparaisse. Car si l’eau est source de vie, elle est aussi devenue, dans certaines zones, un territoire menacé, fragilisé par le changement climatique, l’urbanisation ou le désintérêt des
politiques. « Je suis fier d’être Bozo. J’apprends de cette culture. Et je veux la transmettre, en images, en récits, en gestes. », affirme-t-il comme mot de fin pour conclure.


Ce contenu a été créé dans le cadre du projet Move Africa, commandé par la Commission de l’Union africaine et soutenu par Africa No Filter (ANF) avec le financement de la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) GmbH. Les points de vue et opinions exprimés sont ceux des auteurs uniquement et ne reflètent pas nécessairement ceux de la GIZ, de l’Union africaine ou d’ANF.


L’AUTEUR.E

Léonella OLOUKOI est communicatrice et créatrice de contenus digitaux, titulaire d’un Master en Marketing Communication. Elle cumule dix années d’expérience dans les médias et se distingue par sa passion pour la communication digitale et la culture. Depuis 2022, elle dirige la communication digitale d’une organisation internationale, où elle œuvre à diffuser une image positive sur les plateformes numériques.

Un autre Mali dans un autre monde : itinéraires photographiques d’une jeunesse en mouvement

Un autre Mali dans un autre monde : itinéraires photographiques d’une jeunesse en mouvement

Du 7 mars au 1er juin 2025, le Quai de la Photo à Paris accueille une exposition ambitieuse et profondément évocatrice : « Un autre Mali dans un autre monde ». Plus qu’un hommage à l’école photographique malienne, cette exposition éclaire, en creux, une dynamique essentielle de notre époque : la mobilité des jeunes africains – une mobilité qui n’est pas seulement géographique, mais aussi culturelle, sociale, et symbolique.

Portée par les regards croisés de pionniers tels Malick Sidibé et Seydou Keïta, et par une nouvelle génération d’artistes comme Kani SissokoMory BambaOumou Traoré, ou encore John Kalapo, l’exposition montre un Mali multiple, vivant, qui refuse d’être figé dans les clichés. Ces jeunes photographes, tout en enracinant leur pratique dans la mémoire de leurs aînés, inventent de nouveaux codes, de nouveaux langages, de nouveaux récits. Ils explorent l’identité, la mémoire, le genre, le territoire – et surtout, ils se déplacent : dans leurs pensées, dans leurs techniques, et souvent, physiquement, dans le monde.

Car nombreux sont ceux qui, à l’image de Seydou Camara, formateur et initiateur du centre Yamarou-Photo, ont traversé frontières et continents pour apprendre, transmettre, exposer. D’Alger à Johannesburg, de Bamako à New York, la photographie devient ici un passeport de création. Une mobilité artistique qui témoigne d’une circulation féconde des savoirs, des regards et des ambitions.





Une génération en mouvement : mobilité choisie, créatrice, et revendiquée

En cela, « Un autre Mali dans un autre monde » résonne avec les aspirations de milliers de jeunes Africains. Si beaucoup quittent leur pays dans des conditions précaires ou sous la contrainte, d’autres, de plus en plus nombreux, bâtissent leur avenir par le savoir, la création et l’échange culturel. Leurs trajectoires ne suivent pas les sentiers migratoires classiques, mais dessinent une autre cartographie des mobilités africaines, faite de résidences artistiques, de festivals, de formations spécialisées, de collaborations internationales.

La Biennale de Bamako, née en 1994 à l’initiative de Françoise Huguier, incarne ce mouvement. Elle est devenue, au fil des éditions, une plateforme d’interconnexion, un lieu de passage, un foyer de rayonnement pour toute une génération. Grâce à des structures comme Yamarou-Photo, certains jeunes ne se contentent plus de partir : ils reviennent, ils transmettent, ils forment à leur tour. La mobilité devient alors circulaire, enrichissante, durable.

Cette nouvelle génération de photographes maliens compose un paysage artistique riche, où chaque regard apporte une nuance au récit commun. Amadou Keïta explore la mémoire visuelle du quotidien malien en conjuguant les héritages culturels à une esthétique contemporaine, tandis que John Kalapo s’attache aux détails discrets des transformations urbaines et sociales, révélant les tensions et les aspirations d’une société en mutation. M.I. Tounkara, quant à lui, développe une écriture photographique à la fois intime et politique, où l’image devient un espace de réflexion sur soi et sur le monde. Seyba Keïta et Mory Bamba partagent une même sensibilité dans leurs portraits silencieux, empreints de retenue, mais traversés d’une grande intensité. Kani Sissoko et Fatoma Coulibaly, figures féminines de cette scène artistique, interrogent les représentations du corps, du genre et de l’héritage avec une force visuelle singulière. À leurs côtés, Oumou Traoré construit des mises en scène délicates, presque théâtrales, qui captent les nuances de la féminité malienne dans toute sa complexité. Le travail d’Adama Bamba, Drissa Diara et Mamadou Konaté, davantage ancré dans le documentaire, nous confronte aux réalités sociales contemporaines avec rigueur et humanité. Tous ont été formés ou accompagnés par des structures locales comme le centre Yamarou-Photo, dirigé par Seydou Camara, figure de la transmission et artisan d’un ancrage fort entre formation, professionnalisation et ouverture au monde. Ainsi réunis, ces photographes incarnent une génération en mouvement, connectée, lucide, qui circule entre les territoires, les disciplines et les récits, pour porter haut une parole artistique ancrée dans son temps.

Une jeunesse qui raconte l’Afrique par elle-même

Dans un contexte où l’Afrique reste souvent racontée par d’autres, ces jeunes photographes, par leur mobilité et leur engagement, reconquièrent leur droit à la parole. Leurs œuvres témoignent de leur époque : une époque de tensions, d’espoirs, de contradictions – mais surtout de créativité libre et ancrée.

Ils s’éloignent des studios rigides, des représentations folklorisées. Ils inventent des formes neuves, osent des récits hybrides. Ils disent un Mali contemporain, urbain, rural, intime et collectif. Un Mali qui voyage et qui pense le monde. Un Mali qui, en se déplaçant, se transforme et transforme.

En savoir plus