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À Arles, l’Afrique vue par elle-même rassemble plusieurs générations de photographes africains

À Arles, l’Afrique vue par elle-même rassemble plusieurs générations de photographes africains

Du 6 juillet au 5 septembre 2026, L’Afrique vue par elle-même est présentée à L’Œil Qui Court, 16 rue Jouvène à Arles. Malick Sidibé, Sanlé Sory, Mabeye Deme, Oumar Ly, Tidiani Shitou, Bruce Clarke, Andile Bhala et plusieurs autres photographes figurent dans l’exposition. Le titre avait déjà été utilisé à Arles en 2019 par Olivier Sultan et la galerie Art-Z, dans un contexte de débat sur l’absence de photographes africains dans la programmation officielle du cinquantenaire des Rencontres d’Arles. En 2026, l’exposition revient avec un nouveau corpus et fait apparaître plusieurs histoires de la photographie africaine dans un même lieu. 

Un titre déjà présent à Arles en 2019

En août 2019, L’Afrique vue par elle-même est présentée à La Grande Vitrine, 12 rue Jouvène à Arles. L’exposition est portée par Olivier Sultan, fondateur de la galerie Art-Z, dans le contexte du cinquantenaire des Rencontres d’Arles. Cette édition anniversaire avait suscité des critiques sur la faible présence des photographes africains dans la programmation officielle. Le Monde Afrique rapporte alors qu’Olivier Sultan choisit d’organiser une exposition parallèle réunissant notamment Lassy King Massassy, Robert Nzaou, Malick Sidibé, Oumar Ly, Jürgen Schadeberg, Nyaba Ouedraogo, N’Krumah Lawson Daku et Mabeye Deme.

Le projet inscrit ainsi à Arles plusieurs générations de photographes africains dans un espace distinct du programme officiel. Robert Nzaou mentionne cette exposition dans son parcours professionnel, avec le titre L’Afrique vue par elle-même, le lieu de La Grande Vitrine et l’année 2019. Cette occurrence confirme la place du projet dans la saison photographique arlésienne de cette année-là.

En 2026, L’Afrique vue par elle-même revient à Arles avec une nouvelle sélection et un autre lieu. L’exposition est présentée à L’Œil Qui Court avec Malick Sidibé, Sanlé Sory, Mabeye Deme, Oumar Ly, Jean-Christophe Béchet, Marina Burnel, Tidiani Shitou, Bruce Clarke, Andile Bhala, Suzanne Porter et Marc-Henri Martin. Le retour du titre crée une continuité entre les deux éditions, tandis que le corpus de 2026 introduit de nouveaux artistes et de nouveaux rapprochements entre générations. Les informations disponibles permettent d’établir cette continuité de titre et de présence à Arles ; elles ne précisent pas, à ce stade, si le commissariat ou le dispositif curatorial de 2026 reprend celui de 2019.

Malick Sidibé, de nouveau présent dans le projet

Malick Sidibé apparaît dans les deux éditions arlésiennes de L’Afrique vue par elle-même, en 2019 puis en 2026. Pour cette dernière, quatre tirages vintage de la série Surprise Party, datés de 1968, sont identifiés parmi les œuvres présentées. Réalisées au gélatino-bromure d’argent et mesurant environ 9 × 6 cm, ces petites photographies renvoient directement au fonctionnement quotidien de son studio à Bamako.

Après les soirées qu’il photographiait, Sidibé réalisait de petits tirages de référence et les regroupait par événement. Chaque image portait un numéro correspondant aux négatifs conservés au studio. Les jeunes photographiés revenaient ensuite consulter ces planches, retrouver leur image et commander le tirage de leur choix. Le Metropolitan Museum of Art conserve un ensemble comparable, Surprise Party, Ambassade Haute Volta, daté de 1964, qui permet de restituer ce mode de travail avec précision.

Les quatre photographies présentées à Arles en 2026 appartiennent à cette économie de l’image. Elles ont d’abord servi à organiser la circulation des portraits entre le photographe et les personnes photographiées. Près de soixante ans plus tard, elles sont montrées dans une exposition internationale. Leur déplacement du studio bamakois vers Arles raconte à lui seul le changement de statut de ces images : d’outil de repérage et de commande, elles sont devenues des pièces d’exposition, de collection et d’archive.

Les soirées de Bamako comme lieu de production

Malick Sidibé ouvre son studio à Bamako en 1962. Au cours de cette période, il photographie régulièrement les fêtes et les clubs de jeunes de la capitale malienne. Le Metropolitan Museum rappelle que ces groupes se réunissent autour de la danse et de musiques venues notamment des Beatles ou du cha-cha-cha cubain. Sidibé photographie les soirées, puis reçoit les participants dans son studio lorsqu’ils viennent voir et commander les images. 

Ses photographies conservent ainsi les vêtements, les coiffures, les danses et les attitudes d’une génération de jeunes Bamakois. Elles montrent également une pratique sociale de la photographie. Le passage devant l’objectif se prolonge par le retour au studio, le choix d’une photographie et sa commande.

Les quatre Surprise Party signalées à Arles en 2026 proviennent de ce système. Leur histoire commence donc dans les soirées et le studio de Sidibé avant leur entrée dans les circuits d’exposition.

Plusieurs villes et plusieurs générations réunies à Arles

Le corpus de 2026 rapproche des photographes issus de contextes différents. Malick Sidibé travaille à Bamako. Sanlé Sory construit une grande partie de son œuvre à Bobo-Dioulasso. Oumar Ly travaille au Sénégal. Tidiani Shitou appartient à l’histoire du studio photographique au Nigeria. Mabeye Deme appartient à une génération plus récente et développe une pratique construite notamment autour de Dakar. Bruce Clarke et Andile Bhala inscrivent leurs œuvres dans d’autres espaces et d’autres périodes.

La liste publiée par 9 Lives Magazine associe ainsi plusieurs générations et plusieurs pratiques sous un même titre. On y trouve du portrait de studio, des scènes de vie, des pratiques documentaires et des écritures plus contemporaines. 

Cette diversité était déjà présente dans le projet de 2019. Le Monde réunissait alors dans une même présentation Malick Sidibé, Oumar Ly, Robert Nzaou, Nyaba Ouedraogo, King Massassy, Mabeye Deme et d’autres photographes issus de générations différentes. 

Le travail d’Art-Z suit cette logique depuis plusieurs années. En 2019, Le Monde retraçait les vingt années de la galerie et annonçait l’ouverture prévue d’un espace à Arles consacré à la photographie du continent pendant la période des Rencontres. La galerie présente régulièrement des artistes venus de plusieurs pays africains et associe dans ses expositions des photographes historiques et des auteurs plus jeunes. 

Trois trajectoires qui croisent aussi l’histoire des Rencontres de Bamako

Parmi les photographes réunis à Arles en 2026, trois noms traversent également l’histoire des Rencontres de Bamako. Malick Sidibé est associé aux premières Rencontres en 1994. Oumar Ly apparaît dans l’édition 2009, autour de Frontières. Tidiani Shitou fait l’objet d’une présentation posthume en 2001. 

Ces trois parcours relient Bamako, le Sénégal et le Nigeria à plusieurs générations de la photographie ouest-africaine. Leurs œuvres ont ensuite circulé dans des expositions, des galeries, des collections et des manifestations internationales. Leur réunion à Arles en 2026 permet ainsi de lire côte à côte des trajectoires construites dans des contextes différents, mais qui ont toutes croisé la Biennale de Bamako à un moment de leur histoire.

Du studio de Bamako à l’exposition

Le parcours des Surprise Party de Malick Sidibé montre avec précision ce changement de contexte.

En 1968, ces petits tirages servent au fonctionnement du studio. Ils permettent de relier les photographies aux négatifs, de présenter les images aux personnes photographiées et d’organiser les commandes. En 2026, quatre tirages issus de ce système sont exposés à Arles. Entre ces deux dates, l’œuvre de Sidibé a rejoint des collections muséales et le marché international de la photographie.

Le même objet passe ainsi d’un usage quotidien à un usage patrimonial et artistique. À Bamako, il participe à l’activité du studio et à la relation entre le photographe et ses clients. À Arles, il est présenté comme œuvre, comme trace d’une pratique photographique et comme archive d’une période de la vie bamakoise.

Cette histoire éclaire directement le titre L’Afrique vue par elle-même. Chez Sidibé, l’image naît dans la ville, au contact de ceux qui la vivent. Les jeunes photographiés fréquentent les mêmes soirées, reviennent au studio, retrouvent leur portrait et choisissent les images qu’ils souhaitent conserver. La photographie circule d’abord parmi eux avant d’entrer, plusieurs décennies plus tard, dans les circuits internationaux de l’art.

De 2019 à 2026, Malick Sidibé reste au cœur du projet

Malick Sidibé figure dans les deux occurrences arlésiennes de L’Afrique vue par elle-même, en 2019 puis en 2026. En 2019, son travail est présenté dans une exposition organisée à La Grande Vitrine au moment où la faible présence des photographes africains dans la programmation du cinquantenaire des Rencontres d’Arles suscite des critiques. En 2026, il revient dans une nouvelle sélection, aux côtés de Sanlé Sory, Oumar Ly, Tidiani Shitou, Mabeye Deme et plusieurs autres auteurs.

Sept années séparent les deux présentations, avec des lieux, des artistes et des contextes différents. Le retour du titre maintient pourtant une même ligne de lecture : montrer des photographies produites depuis des histoires, des villes et des sociétés africaines, puis observer la manière dont ces images circulent dans les grands rendez-vous internationaux.

Chez Malick Sidibé, cette circulation tient dans quatre tirages de 9 × 6 cm réalisés à Bamako en 1968. Leur première fonction était liée aux soirées et aux commandes du studio. En 2026, ils sont montrés à Arles, près de soixante ans plus tard, avec toute l’histoire sociale, photographique et urbaine dont ils sont issus.

Rencontres de Bamako : après trente ans de rayonnement, renforcer ce que la Biennale produit depuis Bamako

Rencontres de Bamako : après trente ans de rayonnement, renforcer ce que la Biennale produit depuis Bamako

Depuis 1994, les Rencontres de Bamako ont fait de la capitale malienne un lieu majeur de la photographie africaine et de sa circulation internationale. À la tête de la Délégation Générale de la 15e édition, El Hadj Amadou Diop hérite de cette histoire et entend en développer davantage les dimensions économique, professionnelle et institutionnelle. Une orientation qui accompagne REFABULATION(S), le projet curatorial porté par Armelle Dakouo et son équipe.

Bamako occupe depuis 1994 une place singulière dans la géographie internationale de la photographie. Les Rencontres y ont fait converger artistes, commissaires, critiques, chercheurs, collectionneurs et institutions, tout en contribuant à la circulation internationale de plusieurs générations de photographes africains. La capitale malienne s’est ainsi imposée comme l’un des lieux où la photographie du continent se montre, mais aussi où se négocient ses cadres de lecture, ses réseaux et sa reconnaissance.

Que peut produire durablement, à Bamako, la place internationale acquise par les Rencontres ?

La réponse se trouve en partie dans ce que trente-deux années de Biennale ont déjà construit. Françoise Huguier et Bernard Descamps ont participé à la naissance de la manifestation. Simon Njami a ensuite élargi son inscription dans le champ de l’art contemporain. Bisi Silva a accordé une place importante aux questions d’éducation, de transmission et de relation à la ville. Marie-Ann Yemsi, Bonaventure Soh Bejeng Ndikung, Lassana Igo Diarra ou Manthia Diawara ont, à leur tour, apporté d’autres approches de la circulation, de la production et de la pensée de l’image. La 15e édition hérite ainsi de trente-deux années d’expériences, de réseaux et de savoir-faire qui constituent eux-mêmes une ressource pour penser ce que les Rencontres peuvent désormais produire depuis Bamako.

C’est dans cette continuité qu’intervient El Hadj Amadou Diop. À la tête d’une Délégation Générale où se croisent plusieurs expériences du secteur culturel et d’anciens acteurs des Rencontres, il pilote l’administration, la logistique, les finances et les relations institutionnelles. La proposition artistique relève d’Armelle Dakouo et de son équipe curatoriale.

Armelle Dakouo
Crédit photo : Bénédicte KurzenI

Curatrice indépendante, Armelle Dakouo a construit une partie de son parcours entre l’Afrique de l’Ouest, le Maghreb et l’Europe, notamment au sein d’AKAA, à Paris. Avec son équipe curatoriale, elle porte REFABULATION(S) et construit la sélection des artistes ainsi que les parcours d’exposition. La Délégation Générale doit donner à cette proposition ses conditions de réalisation.

« Notre rôle est de créer les conditions permettant à la vision artistique de se déployer dans les meilleures conditions », explique El Hadj Amadou Diop. Il décrit des échanges réguliers entre les deux équipes, où les choix artistiques rencontrent les contraintes de lieux, de production, de financement et d’organisation.

Cette répartition éclaire davantage son projet que l’idée d’un changement de cap. La formation, la production locale, les rencontres professionnelles ou la circulation internationale appartiennent déjà à l’histoire des Rencontres. Son ambition se situe ailleurs : transformer plus systématiquement le capital symbolique accumulé par Bamako en capacités de production, en relations professionnelles et en valeur durable pour l’écosystème qui accueille la Biennale. La question n’est donc plus seulement de savoir ce que les Rencontres montrent au monde, mais ce que trente-deux années de reconnaissance internationale permettent désormais de construire depuis Bamako.

Après trois décennies de circulation internationale, la question économique prend davantage de place

« La Biennale ne peut pas se limiter à une célébration ponctuelle. Nous voulons qu’elle soit un véritable levier économique pour les artistes qu’elle révèle et, plus largement, pour tous les artistes du secteur. »

La semaine professionnelle constitue depuis longtemps l’un des espaces où les Rencontres mettent en présence artistes, commissaires, chercheurs, collectionneurs, galeristes et responsables d’institutions. Pour la 15e édition, El Hadj Amadou Diop souhaite renforcer ce que ces rencontres peuvent produire pour les artistes, en termes de collaborations, de débouchés et de circulation des œuvres.

© Souleymane Malle

La communication internationale et la presse spécialisée participent à cette stratégie, avec l’objectif de prolonger la visibilité des artistes avant et après leur présence dans les expositions. El Hadj Amadou Diop évoque également la création de passerelles avec des institutions internationales et annonce, pour cette édition, un marché de la photographie.

« Nous allons même créer un marché de la photographie pendant cette Biennale. »

Le projet introduit une dimension supplémentaire dans une manifestation qui a déjà largement contribué à la reconnaissance critique et institutionnelle de photographes du continent. Il rapproche la visibilité produite par la Biennale d’une autre composante de la carrière des artistes : la possibilité que les œuvres soient acquises, que des relations avec des galeries s’engagent et que les rencontres avec des professionnels se prolongent au-delà de Bamako.

Le contexte a considérablement évolué depuis 1994. Les artistes africains et issus des diasporas occupent une place croissante dans les foires, les galeries, les collections et les institutions internationales. La photographie participe pleinement à cette évolution. La question n’est donc plus seulement celle de la présence internationale des scènes africaines, mais aussi des lieux depuis lesquels leur économie peut se construire.

Bamako dispose à cet égard d’un capital particulier : trente-deux années d’histoire consacrées à la photographie et une capacité reconnue à réunir autour d’elle artistes et professionnels du secteur.

El Hadj Amadou Diop souhaite que cette position compte davantage dans l’économie de la photographie africaine. Il envisage la présence de professionnels internationaux comme une occasion de découvrir les artistes et de s’intéresser à leurs œuvres. Des conférences sur le marché de l’art sont également prévues, avec des experts du continent et d’ailleurs appelés à discuter des évolutions auxquelles la photographie contemporaine africaine est confrontée.

À terme, El Hadj Amadou Diop souhaite que Bamako devienne « un point de passage incontournable pour quiconque s’intéresse véritablement au marché de la photographie africaine ».

Le marché annoncé pendant la 15e édition donnera une première mesure de cette orientation. Sa capacité à réunir acheteurs, collectionneurs et galeries, à susciter des acquisitions et à prolonger les relations après la Biennale permettra d’en apprécier la portée.

REFABULATION(S) : maîtriser le récit, mais aussi ses conditions de production

Proposé par Armelle Dakouo et développé avec son équipe curatoriale, REFABULATION(S) interroge la capacité à produire depuis l’Afrique ses propres récits et représentations. El Hadj Amadou Diop en retient une formulation directe : « nous mettre nous-mêmes au cœur de nos histoires » et sortir des représentations imposées « selon nos propres prismes, selon notre propre regard ».

« L’Afrique n’est pas un sujet que l’on photographie, c’est un continent qui se raconte elle-même. »

Pour une biennale de photographie, cette affirmation engage désormais davantage que le choix des images. À mesure que la photographie se mêle à l’installation, au son, à la vidéo, au numérique et aux dispositifs hybrides, la maîtrise du récit dépend aussi de la capacité à produire matériellement ces formes.

El Hadj Amadou Diop le rencontre depuis la production de l’édition : « Il faut également penser à la production et à l’installation des œuvres », particulièrement complexes cette année avec l’interdisciplinarité.

REFABULATION(S) fait ainsi apparaître une question rarement séparée de celle de la représentation : peut-on véritablement déplacer le centre depuis lequel les récits africains sont construits si une part décisive des outils, des compétences et des infrastructures nécessaires à leur fabrication demeure ailleurs ? Pour Bamako, la portée de cette édition se mesurera aussi aux capacités techniques et professionnelles que ces nouvelles formes auront permis d’activer ou de renforcer sur place.ko comptera autant pour l’organisation de l’édition que pour ce qu’elle pourra laisser dans son environnement professionnel.

Produire une Biennale plus ambitieuse suppose aussi d’élargir ses ressources

La mobilisation des ressources reste, selon El Hadj Amadou Diop, le principal défi de cette édition.

« Pour être honnête, le plus grand défi reste la mobilisation des ressources, dans le contexte économique que nous traversons. »

La Délégation Générale s’appuie d’abord sur l’engagement de l’État, avec le soutien du ministère de la Culture. Elle travaille également avec le mécénat privé, les coopérations internationales et des partenaires privés et institutionnels.

« Nous allons constamment jongler entre ces différentes ressources pour pouvoir atteindre nos objectifs », explique El Hadj Amadou Diop.

Ces financements doivent permettre de tenir l’ensemble de l’édition : production et installation des œuvres, préparation des sites, accueil des professionnels et ouverture des expositions pendant deux mois. La recherche de partenaires accompagne également les projets développés autour de la programmation et les nouvelles opportunités que la Biennale souhaite créer pour les artistes.

Après trente-deux ans de rayonnement, renforcer ce que les Rencontres produisent à Bamako

L’entretien avec El Hadj Amadou Diop ouvre finalement une réflexion plus large que celle des retombées économiques de la Biennale. Son approche par les industries culturelles et créatives invite à regarder ce que trente-deux années de Rencontres ont déjà constitué à Bamako : des compétences, des expériences de production, des archives, des réseaux professionnels et une connaissance de la photographie africaine portée par plusieurs générations d’artistes, de commissaires, de chercheurs et de responsables culturels. Cette histoire peut devenir une ressource pour penser la suite.

Car les transformations qui attendent la photographie dépassent désormais les questions d’exposition et de marché. L’intelligence artificielle intervient dans la production, la description et l’indexation des images. Leur provenance, leur authentification et leurs droits deviennent des enjeux majeurs. Les archives photographiques deviennent aussi des ensembles de données dont les méthodes de classement détermineront demain ce qui pourra être retrouvé, étudié et transmis. Pour une Biennale consacrée depuis 1994 aux représentations africaines, la maîtrise du récit passe désormais aussi par la maîtrise de ces infrastructures.

El Hadj Amadou Diop ne compte pas porter seul ces questions qui relèvent de multiples expertises. Les Rencontres ont précisément la capacité de réunir photographes, archivistes, conservateurs, chercheurs, juristes, technologues et professionnels du marché, y compris parmi ceux qui ont contribué à leur histoire. Une question pourrait alors prolonger au delà de cet entretien : que faut-il commencer à construire à Bamako en 2026 pour que, dans un siècle, la photographie africaine puisse toujours y être produite, documentée, authentifiée, conservée, étudiée et interprétée à partir de ses propres ressources ?

À Ouagadougou, les danseurs du Burkina Faso, du Mali et du Niger fondent leur premier réseau régional

À Ouagadougou, les danseurs du Burkina Faso, du Mali et du Niger fondent leur premier réseau régional

Du 22 au 26 juin 2026, des représentants des principales organisations professionnelles de la danse du Burkina Faso, du Mali et du Niger se sont réunis à Ouagadougou pour un atelier consacré à la création du Réseau Danse en Mouvement (REDAM). Au terme de cinq jours de travaux, les participants ont adopté un protocole d’accord instituant officiellement ce nouveau cadre de coopération régionale. 

L’événement pourrait constituer une date importante dans l’histoire récente des arts vivants en Afrique de l’Ouest. Pour la première fois, des organisations représentatives du secteur chorégraphique des trois pays membres de la Confédération des États du Sahel (AES) décident de se doter d’un cadre permanent de coopération, de représentation et de développement à l’échelle régionale. 

Quand les organisations de danse décident de changer d’échelle

La création du REDAM intervient dans un contexte de transformation des espaces de coopération culturelle ouest-africains. Depuis plusieurs décennies, les scènes chorégraphiques du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont développé leurs propres structures, festivals, centres de formation, compagnies et réseaux professionnels. Ces trajectoires nationales ont permis l’émergence de générations d’artistes, de chorégraphes et d’organisations qui ont progressivement contribué à l’affirmation de la danse contemporaine dans la région.

Le président du REDAM , le chorégraphe Bienvenue BAZIÉ et le docteur Jacob YARABATIOULA sociologue, enseignant-chercheur burkinabè et specialiste des ICC – Crédit photo : ZANMA Photographie

Les trois pays partagent également des problématiques communes. La circulation des artistes demeure complexe, les mécanismes de coopération régionale restent limités, les opportunités de formation sont inégalement réparties et les organisations professionnelles disposent encore de faibles capacités de représentation auprès des pouvoirs publics. Les participants à l’atelier de Ouagadougou ont choisi d’aborder ces enjeux dans une logique collective. 

Lassina Koné et Kadidja Tiemanta, chorégraphes malien, président et vice présidente de la Fédération des Associations des danseurs et chorégraphes du Mali (FADCM)
Lassina Koné et Kadidja Tiemanta, chorégraphes maliens, Président et Vice – présidente de la Fédération des Associations des danseurs et chorégraphes du Mali (FADCM)

Le REDAM rassemble, dans sa configuration fondatrice, l’Association MBOMEN du Burkina Faso, la Fédération des Associations des Danseurs et Chorégraphes du Mali (FADCM) et l’Association NEMA du Niger. Ensemble, ces organisations ont défini les bases institutionnelles d’un réseau destiné à renforcer la coopération artistique, la mobilité des artistes, la professionnalisation du secteur et la place de la danse dans les politiques culturelles régionales. 

Durant les travaux, les participants ont finalisé un protocole d’accord, engagé les démarches relatives à la reconnaissance du réseau et élaboré une première planification stratégique sur trois ans. Cette feuille de route prévoit notamment des actions en matière de mobilité artistique, de formation, de diffusion des œuvres et de plaidoyer institutionnel. 

La naissance d’un espace chorégraphique sahélien

Les membres fondateurs ont également reconnu officiellement FOGO – Les Rencontres Chorégraphiques Africaines comme première initiative structurante du REDAM. Cette plateforme est appelée à devenir un espace régional de diffusion, de formation, de rencontres professionnelles, de médiation culturelle et d’accompagnement des compagnies de danse. 

Au-delà des décisions administratives et organisationnelles adoptées à Ouagadougou, la création du REDAM traduit une évolution plus profonde. Les professionnels de la danse du Burkina Faso, du Mali et du Niger entreprennent de construire un espace chorégraphique régional fondé sur des objectifs, des outils et des mécanismes de coopération communs.

Cette initiative s’inscrit dans l’héritage des générations qui ont contribué, au cours des dernières décennies, à structurer la danse contemporaine dans les trois pays. Elle répond également aux transformations institutionnelles et géopolitiques qui traversent aujourd’hui le Sahel. En choisissant de créer leur propre cadre permanent de coopération, les organisations fondatrices du REDAM affirment que les artistes peuvent eux aussi participer à la construction des nouveaux espaces régionaux.

Si les orientations adoptées à Ouagadougou se traduisent par des programmes durables, des mobilités effectives et des projets communs, l’année 2026 pourrait être retenue comme le moment où la danse contemporaine du Burkina Faso, du Mali et du Niger a commencé à se constituer en force collective régionale. 

UNESCO-Aschberg 2026 : les résultats sont connus, 16 nouveaux projets pour renforcer les droits et les conditions de travail des artistes dans le monde

UNESCO-Aschberg 2026 : les résultats sont connus, 16 nouveaux projets pour renforcer les droits et les conditions de travail des artistes dans le monde

L’UNESCO a annoncé la sélection de 16 nouveaux projets dans le cadre du Programme UNESCO-Aschberg pour les artistes et les professionnels de la culture. Plus de 750 000 dollars américains seront mobilisés en 2026 et 2027 grâce au soutien financier du gouvernement norvégien.

Créé pour promouvoir la liberté artistique et améliorer les conditions d’exercice des métiers de la création, le Programme UNESCO-Aschberg accompagne des initiatives qui renforcent le statut professionnel, social et économique des artistes. Il soutient des actions liées à la reconnaissance juridique des professions artistiques, à l’accès à la protection sociale, à la rémunération équitable, à la mobilité internationale et à la défense des droits culturels.

Cette intervention répond à une réalité documentée dans de nombreuses régions du monde. Une part importante des artistes et des professionnels de la culture exerce son activité sans couverture sociale adaptée, sans cadre juridique suffisamment protecteur et avec des revenus souvent instables. Les conflits armés, les crises économiques, les déplacements forcés de populations, les catastrophes naturelles et les mutations technologiques affectent directement les conditions de création, de production et de diffusion des œuvres.

L’UNESCO souligne que ces difficultés touchent particulièrement les artistes du Sud global, notamment les femmes, les jeunes et les membres de groupes minoritaires. Les déséquilibres dans les échanges culturels internationaux, les obstacles à la mobilité professionnelle et les difficultés d’accès aux marchés internationaux viennent souvent renforcer ces vulnérabilités.

Le troisième appel à projets du programme, lancé en décembre 2025, a reçu 1 068 candidatures. Après examen par un panel d’experts indépendants, seize projets ont été retenus pour une mise en œuvre entre 2026 et 2027. Les initiatives sélectionnées concernent la réforme des politiques culturelles, la mobilité transnationale des artistes, le développement de compétences liées aux nouvelles technologies, y compris l’intelligence artificielle, ainsi que des dispositifs de soutien destinés aux créateurs affectés par des situations d’urgence.

Une présence africaine importante dans la sélection

L’Afrique figure parmi les territoires les plus représentés dans cette nouvelle sélection. Sur les dix organisations de la société civile retenues, cinq sont implantées sur le continent ou y déploieront directement leurs activités.

Les organisations concernées sont Afropolitan Explosiv en Afrique du Sud et en Eswatini, Association Hawass au Maroc, Kakuma Sound au Kenya, Makgabaneng au Botswana ainsi que On the Move, dont le projet porte spécifiquement sur la mobilité artistique en Afrique.

Cette présence reflète plusieurs des enjeux identifiés par l’UNESCO dans le cadre de cet appel. Les questions de mobilité internationale, de circulation des œuvres, d’accès aux réseaux professionnels, de reconnaissance du statut de l’artiste ou encore d’adaptation aux évolutions technologiques demeurent au cœur des préoccupations de nombreux acteurs culturels africains.

Les projets retenus couvrent des domaines variés : formation, recherche, plaidoyer, développement de compétences, coopération professionnelle et accompagnement des artistes. Leur répartition montre que les enjeux liés à la condition des artistes ne se limitent pas au financement de la création. Ils concernent également l’environnement juridique, les capacités professionnelles, les possibilités de circulation et l’accès aux opportunités internationales.

La présence de l’organisation On the Move mérite une attention particulière. Depuis plusieurs années, la mobilité constitue l’un des principaux sujets de travail des réseaux culturels africains. L’accès aux résidences, aux festivals, aux marchés professionnels, aux programmes d’échanges et aux espaces de formation reste fortement conditionné par les régimes de visas, les coûts de déplacement et les inégalités d’accès aux réseaux internationaux. Le projet soutenu par l’UNESCO s’inscrit dans cette problématique structurante pour de nombreux artistes du continent.

Six institutions publiques accompagnées

Au-delà du soutien accordé aux organisations de la société civile, l’UNESCO accompagnera également six institutions gouvernementales dans la révision ou l’élaboration de lois, politiques publiques et mécanismes de protection relatifs au statut de l’artiste et à la liberté artistique.

Les institutions concernées sont :

  • Colombie : ministère des Cultures, des Arts et des Savoirs traditionnels ;
  • Équateur : ministère de l’Éducation, des Sports et de la Culture ;
  • Îles Salomon : division de la Culture du ministère de la Culture et du Tourisme ;
  • Lesotho : département des Arts et de la Culture ;
  • Tanzanie : Office du droit d’auteur ;
  • Uruguay : direction nationale de la Culture, par l’intermédiaire de l’Institut des arts visuels.

Ces projets porteront sur des questions telles que la reconnaissance professionnelle des artistes, les droits d’auteur, les mécanismes de protection sociale ou encore les conditions d’exercice des activités culturelles.

Dix organisations de la société civile soutenues

Dix organisations de la société civile recevront un soutien financier de l’UNESCO pour mettre en œuvre des activités de renforcement des capacités, de plaidoyer, de recherche, de suivi ou d’accompagnement des artistes :

  • Afropolitan Explosiv (Afrique du Sud et Eswatini)
  • Association Hawass (Maroc)
  • Dizak Art (Arménie)
  • Freedom Studio Nepal (Népal)
  • Fundación Imagen (Bolivie)
  • Kakuma Sound (Kenya)
  • Makgabaneng (Botswana)
  • Kingston Creative (Caraïbes)
  • On the Move (Afrique)
  • JM International (programme mondial)

Certaines de ces initiatives porteront sur l’intégration des nouvelles technologies dans les pratiques artistiques. D’autres concerneront la mobilité professionnelle, la production de connaissances sur les conditions de travail des artistes ou encore l’accompagnement de créateurs déplacés par des conflits armés ou touchés par des catastrophes naturelles.

Un programme inscrit dans les engagements internationaux de l’UNESCO

Les projets retenus s’inscrivent dans la mise en œuvre de deux textes de référence de l’UNESCO : la Recommandation de 1980 relative à la condition de l’artiste et la Convention de 2005 sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles.

Adoptée il y a plus de quarante ans, la Recommandation de 1980 invite les États à reconnaître pleinement la contribution des artistes à la société et à mettre en place des conditions favorables à l’exercice de leurs activités professionnelles. La Convention de 2005, ratifiée par plus de 150 pays, constitue aujourd’hui l’un des principaux instruments internationaux consacrés à la diversité culturelle et au développement des politiques culturelles.

À travers le Programme UNESCO-Aschberg, l’organisation poursuit ainsi un travail qui associe réforme des politiques publiques, accompagnement des acteurs culturels et défense des droits des artistes dans un environnement professionnel en constante évolution.

Rencontres de Bamako 2026 : composition et enjeux de la nouvelle équipe curatoriale de la Biennale africaine de la photographie

Rencontres de Bamako 2026 : composition et enjeux de la nouvelle équipe curatoriale de la Biennale africaine de la photographie

L’annonce de l’équipe curatoriale de la 15e édition des Rencontres de Bamako marque une étape importante dans la préparation de la Biennale africaine de la photographie. Prévue du 26 novembre 2026 au 26 janvier 2027, cette édition sera placée sous le thème REFABULATION(S) et réunira une équipe composée d’Armelle Dakouo comme commissaire générale, accompagnée des co-commissaires Ange-Frédéric Koffi, Lamine Diarra et Sandrine Honliasso.

Une annonce qui rappelle également le rôle particulier qu’occupent les Rencontres de Bamako dans l’histoire de la photographie contemporaine africaine.

Armelle Dakouo Crédit photo : Bénédicte KurzenI

Une institution née à Bamako et devenue une référence mondiale

Créées en 1994, les Rencontres de Bamako sont aujourd’hui reconnues comme la première biennale africaine consacrée à la photographie et aux pratiques de l’image sur le continent. Depuis plus de trente ans, elles constituent un espace de découverte, de débat et de visibilité pour plusieurs générations de photographes africains.

Au fil des éditions, la biennale a accompagné l’émergence de nombreux artistes devenus des références internationales. Elle a également contribué à faire de Bamako l’un des centres majeurs de réflexion sur les images produites en Afrique et sur l’Afrique.

Peu d’événements culturels africains disposent d’une telle continuité. Malgré les crises politiques, les difficultés économiques, les contraintes sécuritaires ou les bouleversements internationaux, la biennale a poursuivi son travail de documentation, de diffusion et de reconnaissance de la création photographique africaine.

Cette longévité lui a permis de devenir une référence pour les institutions, les commissaires d’exposition, les collectionneurs, les chercheurs et les médias spécialisés du monde entier. Plusieurs observateurs la considèrent aujourd’hui comme le principal rendez-vous international consacré à la photographie africaine contemporaine.

Bamako, capitale historique de la photographie africaine

Le rôle des Rencontres de Bamako s’inscrit dans une histoire plus large.

La capitale malienne occupe une place particulière dans l’histoire mondiale de la photographie grâce à des figures comme Seydou Keïta et Malick Sidibé. Leurs œuvres ont profondément influencé la perception de l’Afrique contemporaine et continuent d’être exposées dans les plus grandes institutions internationales.

Les Rencontres de Bamako prolongent cet héritage. Tous les deux ans, elles transforment la ville en espace d’exposition, de réflexion et de rencontres professionnelles. Expositions, conférences, projections, ateliers et semaines professionnelles attirent artistes, chercheurs, commissaires et institutions venus de plusieurs continents.

Dans un secteur où les centres de décision restent souvent situés hors du continent africain, la biennale conserve une singularité importante : elle est organisée au Mali, portée par les institutions culturelles maliennes et ancrée dans un territoire qui participe lui-même à l’histoire de la photographie.

Une équipe curatoriale aux profils complémentaires

Pour cette quinzième édition, la commissaire générale Armelle Dakouo apporte une expérience construite entre l’Afrique de l’Ouest, l’Europe et les Caraïbes. Commissaire d’exposition indépendante et directrice artistique, elle développe depuis plus de quinze ans des projets consacrés aux scènes artistiques africaines et afro-diasporiques. Son travail porte notamment sur les questions de mémoire, d’archives, de transmission et de circulation des récits.

Ange-Frederic Koffi

Elle sera accompagnée par Ange-Frédéric Koffi, plasticien, historien de l’art et commissaire d’exposition dont les recherches portent sur les régimes d’images, les récits historiques et les héritages postcoloniaux. Son parcours associe pratique artistique, recherche universitaire et commissariat international.

Portrait of Lamine Diarra with dreadlocks and beard wearing a light buttoned shirt against a dark studio background in Dakar, 2024.
Lamine Diarra, Crédit Photo : Antoine Tempe

Lamine Diarra apporte pour sa part une expérience issue du théâtre, de l’espace public et du travail culturel de proximité. Fondateur des Praticables à Bamako, il développe depuis plusieurs années des projets qui articulent création artistique, participation citoyenne et ancrage urbain.

Sandrine Honliasso

Enfin, Sandrine Honliasso complète l’équipe avec une approche attentive aux questions migratoires, aux circulations culturelles et aux scènes artistiques africaines et diasporiques. Commissaire d’exposition et critique d’art, elle développe son travail entre recherche, édition et production curatoriale.

L’ensemble dessine une équipe où se croisent histoire de l’art, photographie, création contemporaine, théâtre, recherche et critique.

REFABULATION(S), un thème au cœur des débats contemporains

Le thème choisi pour cette édition, REFABULATION(S), s’inscrit dans plusieurs débats qui traversent aujourd’hui les arts visuels, les sciences sociales et les pratiques curatoriales.

La notion de refabulation interroge la manière dont les récits sont construits, transmis, contestés ou réinventés. Elle ouvre un espace de réflexion sur la mémoire, les archives, les histoires officielles, les récits minorés et les imaginaires collectifs.

Dans le contexte africain comme dans les diasporas, ces questions traversent aujourd’hui une grande partie de la création contemporaine. Elles concernent autant les héritages coloniaux que les mutations urbaines, les migrations, les identités culturelles, les technologies de l’image ou les nouvelles formes de narration visuelle.

Le choix de ce thème place la photographie au centre d’une interrogation plus large sur la production des récits contemporains.

Une édition stratégique pour le Mali

Cette quinzième édition intervient également dans un moment particulier pour le Mali.

Depuis plusieurs années, les acteurs culturels maliens poursuivent leur travail dans un environnement marqué par des défis sécuritaires, économiques et institutionnels importants. Dans ce contexte, maintenir et développer une biennale de cette ampleur constitue un signal fort envoyé aux professionnels de la culture, aux partenaires internationaux et aux artistes du continent.

L’édition 2026 sera également la première placée sous la direction générale d’El Hadj Amadou Diop. Sa nomination ouvre une nouvelle séquence pour l’événement, avec la responsabilité de consolider l’héritage des éditions précédentes tout en accompagnant les transformations nécessaires à une institution qui entre dans sa quatrième décennie d’existence.

L’enjeu dépasse la réussite d’une exposition.

Il s’agit de maintenir à Bamako l’un des rares espaces africains capables de réunir, à une telle échelle, artistes, institutions, commissaires, chercheurs, collectionneurs, médias et publics autour des pratiques contemporaines de l’image.

Trente-deux ans après sa création, la Biennale africaine de la photographie demeure l’un des instruments culturels les plus influents du continent. La composition de cette nouvelle équipe curatoriale montre que les Rencontres de Bamako entendent poursuivre cette histoire tout en ouvrant un nouveau chapitre.