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UNESCO-Aschberg 2026 : les résultats sont connus, 16 nouveaux projets pour renforcer les droits et les conditions de travail des artistes dans le monde

UNESCO-Aschberg 2026 : les résultats sont connus, 16 nouveaux projets pour renforcer les droits et les conditions de travail des artistes dans le monde

L’UNESCO a annoncé la sélection de 16 nouveaux projets dans le cadre du Programme UNESCO-Aschberg pour les artistes et les professionnels de la culture. Plus de 750 000 dollars américains seront mobilisés en 2026 et 2027 grâce au soutien financier du gouvernement norvégien.

Créé pour promouvoir la liberté artistique et améliorer les conditions d’exercice des métiers de la création, le Programme UNESCO-Aschberg accompagne des initiatives qui renforcent le statut professionnel, social et économique des artistes. Il soutient des actions liées à la reconnaissance juridique des professions artistiques, à l’accès à la protection sociale, à la rémunération équitable, à la mobilité internationale et à la défense des droits culturels.

Cette intervention répond à une réalité documentée dans de nombreuses régions du monde. Une part importante des artistes et des professionnels de la culture exerce son activité sans couverture sociale adaptée, sans cadre juridique suffisamment protecteur et avec des revenus souvent instables. Les conflits armés, les crises économiques, les déplacements forcés de populations, les catastrophes naturelles et les mutations technologiques affectent directement les conditions de création, de production et de diffusion des œuvres.

L’UNESCO souligne que ces difficultés touchent particulièrement les artistes du Sud global, notamment les femmes, les jeunes et les membres de groupes minoritaires. Les déséquilibres dans les échanges culturels internationaux, les obstacles à la mobilité professionnelle et les difficultés d’accès aux marchés internationaux viennent souvent renforcer ces vulnérabilités.

Le troisième appel à projets du programme, lancé en décembre 2025, a reçu 1 068 candidatures. Après examen par un panel d’experts indépendants, seize projets ont été retenus pour une mise en œuvre entre 2026 et 2027. Les initiatives sélectionnées concernent la réforme des politiques culturelles, la mobilité transnationale des artistes, le développement de compétences liées aux nouvelles technologies, y compris l’intelligence artificielle, ainsi que des dispositifs de soutien destinés aux créateurs affectés par des situations d’urgence.

Une présence africaine importante dans la sélection

L’Afrique figure parmi les territoires les plus représentés dans cette nouvelle sélection. Sur les dix organisations de la société civile retenues, cinq sont implantées sur le continent ou y déploieront directement leurs activités.

Les organisations concernées sont Afropolitan Explosiv en Afrique du Sud et en Eswatini, Association Hawass au Maroc, Kakuma Sound au Kenya, Makgabaneng au Botswana ainsi que On the Move, dont le projet porte spécifiquement sur la mobilité artistique en Afrique.

Cette présence reflète plusieurs des enjeux identifiés par l’UNESCO dans le cadre de cet appel. Les questions de mobilité internationale, de circulation des œuvres, d’accès aux réseaux professionnels, de reconnaissance du statut de l’artiste ou encore d’adaptation aux évolutions technologiques demeurent au cœur des préoccupations de nombreux acteurs culturels africains.

Les projets retenus couvrent des domaines variés : formation, recherche, plaidoyer, développement de compétences, coopération professionnelle et accompagnement des artistes. Leur répartition montre que les enjeux liés à la condition des artistes ne se limitent pas au financement de la création. Ils concernent également l’environnement juridique, les capacités professionnelles, les possibilités de circulation et l’accès aux opportunités internationales.

La présence de l’organisation On the Move mérite une attention particulière. Depuis plusieurs années, la mobilité constitue l’un des principaux sujets de travail des réseaux culturels africains. L’accès aux résidences, aux festivals, aux marchés professionnels, aux programmes d’échanges et aux espaces de formation reste fortement conditionné par les régimes de visas, les coûts de déplacement et les inégalités d’accès aux réseaux internationaux. Le projet soutenu par l’UNESCO s’inscrit dans cette problématique structurante pour de nombreux artistes du continent.

Six institutions publiques accompagnées

Au-delà du soutien accordé aux organisations de la société civile, l’UNESCO accompagnera également six institutions gouvernementales dans la révision ou l’élaboration de lois, politiques publiques et mécanismes de protection relatifs au statut de l’artiste et à la liberté artistique.

Les institutions concernées sont :

  • Colombie : ministère des Cultures, des Arts et des Savoirs traditionnels ;
  • Équateur : ministère de l’Éducation, des Sports et de la Culture ;
  • Îles Salomon : division de la Culture du ministère de la Culture et du Tourisme ;
  • Lesotho : département des Arts et de la Culture ;
  • Tanzanie : Office du droit d’auteur ;
  • Uruguay : direction nationale de la Culture, par l’intermédiaire de l’Institut des arts visuels.

Ces projets porteront sur des questions telles que la reconnaissance professionnelle des artistes, les droits d’auteur, les mécanismes de protection sociale ou encore les conditions d’exercice des activités culturelles.

Dix organisations de la société civile soutenues

Dix organisations de la société civile recevront un soutien financier de l’UNESCO pour mettre en œuvre des activités de renforcement des capacités, de plaidoyer, de recherche, de suivi ou d’accompagnement des artistes :

  • Afropolitan Explosiv (Afrique du Sud et Eswatini)
  • Association Hawass (Maroc)
  • Dizak Art (Arménie)
  • Freedom Studio Nepal (Népal)
  • Fundación Imagen (Bolivie)
  • Kakuma Sound (Kenya)
  • Makgabaneng (Botswana)
  • Kingston Creative (Caraïbes)
  • On the Move (Afrique)
  • JM International (programme mondial)

Certaines de ces initiatives porteront sur l’intégration des nouvelles technologies dans les pratiques artistiques. D’autres concerneront la mobilité professionnelle, la production de connaissances sur les conditions de travail des artistes ou encore l’accompagnement de créateurs déplacés par des conflits armés ou touchés par des catastrophes naturelles.

Un programme inscrit dans les engagements internationaux de l’UNESCO

Les projets retenus s’inscrivent dans la mise en œuvre de deux textes de référence de l’UNESCO : la Recommandation de 1980 relative à la condition de l’artiste et la Convention de 2005 sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles.

Adoptée il y a plus de quarante ans, la Recommandation de 1980 invite les États à reconnaître pleinement la contribution des artistes à la société et à mettre en place des conditions favorables à l’exercice de leurs activités professionnelles. La Convention de 2005, ratifiée par plus de 150 pays, constitue aujourd’hui l’un des principaux instruments internationaux consacrés à la diversité culturelle et au développement des politiques culturelles.

À travers le Programme UNESCO-Aschberg, l’organisation poursuit ainsi un travail qui associe réforme des politiques publiques, accompagnement des acteurs culturels et défense des droits des artistes dans un environnement professionnel en constante évolution.

Kadidja Tiemanta outille les jeunes comédiens dans la mémoire du corps, dans le cadre du programme Doni Blon de l’association Anw Jigi ART

Kadidja Tiemanta outille les jeunes comédiens dans la mémoire du corps, dans le cadre du programme Doni Blon de l’association Anw Jigi ART

Depuis le 2 avril, l’association Anw Jigi ART accueille, dans le cadre de son programme « Doni Blon », le projet Actorat-LAB, un atelier de danse dirigé par Kadidja Tiemanta. Ce programme s’inscrit dans une démarche de démocratisation du théâtre malien, visant à adapter les formations aux besoins spécifiques des jeunes publics. Il est soutenu par la Fondation DOEN, permettant ainsi de renforcer les compétences des jeunes comédiens à travers des formations spécialisées.

L’objectif principal de Actorat-LAB est de développer chez les jeunes comédiens des compétences essentielles en diction, expression corporelle et occupation scénique. Avant la finalisation des textes des auteurs maliens impliqués, il est crucial que les comédiens soient préparés à maîtriser leur corps. C’est dans ce cadre que l’atelier de danse de Kadidja Tiemanta intervient, du 2 au 12 avril, pour offrir un réveil corporel aux participants. Cette étape permettra aux comédiens de se préparer physiquement avant d’entamer les exercices de jeu d’acteur qui suivront.

Ce programme s’inscrit dans une dynamique plus large visant à promouvoir la diversité culturelle et à mettre en avant les traditions et récits locaux à travers les pièces écrites pendant cette formation. En permettant à de jeunes auteurs maliens d’exprimer leurs voix et de créer des œuvres théâtrales authentiques, le programme contribue également à la valorisation du patrimoine culturel du Mali.

Parallèlement, ce programme cherche à encourager l’entrepreneuriat féminin et à offrir des opportunités professionnelles aux femmes tout en visant à canaliser les jeunes de la communauté, afin de les éloigner des vices et tentations tels que la drogue et la délinquance.

Kadidja Tiemanta, chorégraphe et danseuse malienne, est une figure engagée dans la promotion de la danse traditionnelle africaine et de la danse contemporaine. Après avoir obtenu un master au Conservatoire des Arts de Bamako, elle a enrichi sa pratique en suivant des formations dans plusieurs pays d’Afrique, et en collaborant avec des chorégraphes internationaux. Son travail explore la mémoire, la transmission des savoirs et l’émancipation par le mouvement, en intégrant les influences des danses traditionnelles et contemporaines.

Kadidja Tiemanta - (De) Confining de Øen Pernille - octobre 2025, Norvège

En tant que directrice artistique du festival Fari Foni Waati, un festival-laboratoire de danse contemporaine, Kadidja Tiemanta porte la vision audacieuse de l’association De Ceux Qui, engagée dans la formation des jeunes du secteur des arts vivants au Mali. Le Fari Foni Waati offre aux jeunes danseurs un espace d’expérimentation avec des chorégraphes internationaux.

Ainsi, l’intervention de Kadidja Tiemanta dans le cadre de ce programme, avec son atelier de danse, constitue une étape importante dans la formation des jeunes comédiens maliens. Cette démarche vise à renforcer les compétences des artistes tout en contribuant à l’enrichissement de la scène théâtrale malienne et à la mise en valeur des expressions culturelles locales.

À Bamako, le Programme Doni Blon insuffle un nouveau souffle au théâtre malien

À Bamako, le Programme Doni Blon insuffle un nouveau souffle au théâtre malien

Bamako – avril 2025. Depuis le début du mois, la capitale malienne accueille une initiative culturelle d’envergure : le Programme Doni Blon, porté par l’association ANW JIGI ART, investit le paysage artistique local avec ambition et engagement. Véritable laboratoire du spectacle vivant, ce programme entend poser les fondations d’un théâtre malien renouvelé, accessible, et profondément ancré dans les réalités contemporaines.

Créée en 2015, ANW JIGI ART s’est donné pour mission de revitaliser le théâtre malien à travers une approche sociale et inclusive. En prêtant sa voix à celles des sans-voix, l’association s’adresse particulièrement aux femmes, aux jeunes, aux orphelins et à tous ceux dont les histoires restent trop souvent dans l’ombre. Fidèle à cette vision, le Programme Doni Blon – « le grand vestibule du savoir » – propose une démocratisation du théâtre, en l’adaptant aux besoins spécifiques des publics et des artistes.

Au cœur de cette dynamique : ACTORAT-LAB, un espace de formation dédié aux comédiens. Ici, les participants explorent le jeu d’acteur sous toutes ses facettes : diction, expression corporelle, occupation scénique… Des outils essentiels pour accompagner l’écriture de nouvelles pièces nourries de récits locaux et portées par de jeunes auteurs maliens.

C’est dans ce cadre qu’intervient Kadidia Tiemanta, chorégraphe et performeuse reconnue, pour un atelier de danse qui se tient du 2 au 12 avril. Son intervention, centrée sur le réveil corporel, prépare les comédiens à une meilleure maîtrise de leur corps, en amont du travail de scène à venir. Une rencontre entre disciplines qui illustre la volonté du programme de décloisonner les arts pour mieux stimuler la créativité.

Soutenu par la Fondation DOEN, Doni Blon repose sur des objectifs multiples et complémentaires :

  • Valoriser le patrimoine culturel malien à travers les traditions et récits transmis sur scène ;
  • Encourager l’expression artistique des jeunes auteurs en leur offrant un cadre de formation rigoureux ;
  • Contribuer à l’insertion professionnelle des femmes dans le secteur culturel ;
  • Proposer des alternatives éducatives et artistiques à la jeunesse des quartiers populaires pour lutter contre les dérives sociales (drogue, alcool, violence…).

En quelques années, ANW JIGI ART s’est imposée comme un acteur incontournable de la scène culturelle malienne, et son engagement à former, transmettre et créer continue d’attirer l’attention au-delà des frontières. Doni Blon en est une nouvelle preuve : une passerelle entre générations, entre traditions et modernité, entre théâtre et société.

👉 Retrouvez plus d’informations sur leurs réseaux sociaux :
🔹 YouTube – ANW JIGI ART
🔹 Facebook – ANW JIGI ART