La mode africaine s’apprête à franchir un nouveau cap. Du 1er au 30 novembre 2025, la capitale malienne accueillera la cinquième édition du Mali Mode Show (MMS), qui adopte désormais le format ambitieux d’une biennale africaine de la mode. Né en 2018 comme un rendez-vous annuel consacré aux défilés, l’événement s’impose aujourd’hui comme une plateforme continentale de création, de réflexion et de transmission.
« Incarnez l’héritage, l’héritage incarné » : un manifeste pour la mode africaine
Placée sous la présidence d’honneur de Cheick Diallo, designer de renommée internationale et figure majeure de la création contemporaine, cette cinquième édition se déroulera sous le thème « Incarnez l’héritage, l’héritage incarné ». Le thème est évocateur tel un véritable manifeste : celui d’une Afrique qui puise dans ses savoir-faire ancestraux pour inventer de nouvelles esthétiques.
Bogolan, indigo, teinture, tissage… Autant de techniques artisanales qui sont convoquées comme des matières vivantes, porteuses de mémoire, de créativité et de modernité. Pour les organisateurs, il s’agit de transcender l’héritage pour mieux le projeter vers l’avenir.
Cheick Diallo Président d’honneur du Mali Mode Show 2025, lors de la conférence de presse du 25 septembre 2025
Une conférence de presse pour lancer la dynamique
C’est dans cette perspective que s’est tenue, ce jeudi 25 septembre 2025, à Tanya Garden, la conférence de presse officielle de l’événement. Elle a réuni un présidium représentatif des partenaires institutionnels et diplomatiques, parmi lesquels Orange Mali, sponsor officiel de l’édition, l’Ambassade d’Espagne, et le Ministère malien de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie Hôtelière et du Tourisme.
Cette rencontre a permis de présenter les grandes orientations de la biennale et de rappeler son ambition : placer la mode africaine au cœur des dynamiques contemporaines, comme vecteur d’identité, d’innovation et de transformation.
Au cours de la conférence de presse, l’affiche officielle a été révélée
L’ambition de l’évènement n’a d’équivalent que le programme. La conférence de presse a déroulé un programme riche
Une exposition majeure, dont Afrique Bleue. Histoires tissées en Indigo, organisée en partenariat avec le Musée National du Mali, le Ministère espagnol de la Culture, le Musée national d’Anthropologie de Madrid et l’association Mamah Africa.
Des défilés emblématiques, notamment Made in Mali et le Grand Show international, vitrines de la création africaine contemporaine.
Des panels, conférences, ateliers et rencontres professionnelles, qui aborderont les grands enjeux de la mode sur le continent.
L’événement s’inscrit également dans l’Année de la Culture 2025 au Mali, une initiative promulgué par les plus hautes autorité pour engager les initiatives culturelles dans les efforts de développement et les enjeux de cohésion sociale.
Une plateforme structurante pour les créateurs africains
Le Mali Mode Show est devenu, en quelques années, un moteur de structuration pour tout un écosystème. Lancé en 2018 par Mali Mode Association et AS Agency, il vise à :
Célébrer les figures fondatrices de la mode africaine et rendre hommage à leur influence sur les imaginaires collectifs.
Promouvoir les patrimoines artisanaux avec fierté et modernité, loin du folklore.
Soutenir la professionnalisation des jeunes créateurs, notamment à travers des programmes de formation et d’accompagnement.
Faire dialoguer tradition et innovation pour affirmer la mode africaine comme un levier de développement culturel et économique.
L’appel à candidatures, lancé en juin et désormais clôturé, a suscité un fort intérêt sur le continent. Les créateurs sélectionnés viendront présenter à Bamako des collections inédites, conçues comme des réponses créatives au thème de cette édition.
Ibrahim Guindo dit Akim Soul commissaire général du Mali Mode Show
Pour Ibrahim Guindo, commissaire général du Mali Mode Show, cette cinquième édition porte un message fort : « Nous voulons porter collectivement un message au monde : celui d’un futur qui s’écrit sur le socle d’un passé valeureux, d’une culture africaine forte et d’un héritage désormais incarné dans la mode contemporaine. »
À travers cette biennale, Bamako affirme sa place sur la scène culturelle mondiale. Le Mali Mode Show devient ainsi une plateforme de dialogue entre patrimoine et innovation, artisanat et design, mémoire et modernité — et un point de convergence pour les créateurs africains et internationaux.
📍 Mali Mode Show 2025 – Bamako, du 1er au 30 novembre 2025 Un mois pour célébrer l’héritage africain, le réinventer et le projeter dans le futur à travers la mode contemporaine.
Le festival Fari Foni Waati (FFW) vient de lancer son appel à candidatures pour sa 10ᵉ édition, prévue en janvier 2026. Dix ans après sa création, ce rendez-vous majeur de la scène chorégraphique africaine continue de tracer un chemin singulier, entre ancrage populaire et rayonnement international.
Une fabrique vivante de la danse contemporaine
Créé en 2017 par la chorégraphe Naomi Fall, le FFW – “Le temps des corps en mouvement” en bambara, est devenu au fil des ans un temps d’expérimentation, de transmission et de structuration porté par l’association De Ceux Qui (DCQ), basée à Bamako. Depuis ses débuts, le festival a su faire émerger une nouvelle génération d’artistes à l’écoute de leur temps, attentifs aux mutations sociales et culturelles du continent.
Au cœur de son dispositif, les laboratoires chorégraphiques rassemblent chaque année une vingtaine de jeunes danseurs africains ou résidents sur le continent, encadrés par trois chorégraphes invités. Ensemble, ils construisent, pendant trois semaines, des pièces collectives qui seront présentées au public lors du Grand Festival, dans les rues de Bacodjicoroni et au Centre culturel BlonBa. Une manière forte d’inscrire la danse dans les territoires et de valoriser la rencontre avec des publics multiples.
2026 : “L’année de l’audace et de la transmission”
L’édition 2026 sera placée sous ce thème fédérateur. Pour sa 10ème édition, le FFW veut célébrer son histoire tout en ouvrant une nouvelle page. L’enjeu ? Renforcer les ponts intergénérationnels, encourager les croisements entre disciplines artistiques et inscrire plus profondément encore la danse contemporaine dans le dialogue avec les enjeux de société : écologie, genre, inclusion, justice sociale.
Sans encore dévoiler les noms des chorégraphes invités, l’équipe annonce des figures reconnues et engagées, et promet une édition marquée par l’ouverture et l’excellence. La direction exécutive du FFW est aujourd’hui assurée par une nouvelle génération d’acteurs culturels : Kadidja Tiemanta (directrice générale), Kossa Christian (direction artistique et technique) et Wilfried Sanwidi (production, administration et développement), avec l’appui de Bamory Samaké, coordinateur général.
Un appel à tous les jeunes danseurs du continent
L’appel à candidatures s’adresse aux danseurs professionnels ou en voie de professionnalisation, résidant en Afrique, avec une expérience en danse contemporaine ou en danses traditionnelles et urbaines. Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 31 août 2025 à 23h59 GMT.
Ce processus de sélection passe désormais par un formulaire unique en ligne, avec un dossier simplifié (biographie, lettre de motivation, CV, vidéo de performance, photo professionnelle, etc.). Un webinaire d’information est également prévu le 11 août 2025 à 10h GMT, en français.
De Bamako à l’Afrique entière, un souffle de création
Avec le soutien de partenaires historiques comme BlonBa (Wakloni) et l’engagement croissant du tissu artistique local, le Fari Foni Waati s’inscrit dans un contexte fertile. La récente création de la Fédération malienne des professionnels de la danse marque une nouvelle étape dans la structuration du secteur, portée par la mobilisation des artistes eux-mêmes. Dans cette dynamique, le FFW affirme plus que jamais son rôle de catalyseur : pour les talents émergents, les pédagogues, les programmateurs, et pour toutes celles et ceux qui considèrent la danse comme un levier de transformation et d’émancipation.
Basée à Bamako, l’association De Ceux Qui (DCQ) œuvre depuis 2016 à la promotion et à l’organisation des arts vivants au Mali, avec un engagement fort pour la danse contemporaine. À travers le festival-laboratoire Fari Foni Waati, projet emblématique de son action, DCQ a su créer un espace pérenne de recherche, de création et de diffusion, réunissant chaque année des artistes du Mali et d’autres horizons autour d’une démarche exigeante, inclusive et ouverte aux publics.
Au-delà du festival, l’association développe des programmes pédagogiques, des dispositifs de professionnalisationpour les jeunes artistes, et multiplie les initiatives visant à faire des arts vivants un outil d’engagement citoyen, d’innovation sociale et de dialogue entre les territoires.
Chorégraphe et performeur ivoirien, William Diarrassouba est de ceux qui avancent avec la foi du bâtisseur. Chaque pas de danse, chaque création, chaque geste est un manifeste. Il construit une œuvre à la fois enracinée et tournée vers l’avenir, avec la certitude que la danse est un moteur de transformation.
D’une dalle familiale à une compagnie reconnue
Danseur, chorégraphe, enseignant et délégué régional de la Fédération Ivoirienne de Danse, William Diarrassouba — de son nom complet Diarrassouba Ibrahim William — incarne l’énergie, la résilience et la vision d’une génération d’artistes africains qui construisent un art à la fois enraciné et contemporain. Son aventure commence par un déclic : le décès de Michael Jackson en 2009. Fasciné par les clips du roi de la pop, William se met à danser sur une dalle chez lui, à Abidjan. À l’époque, il ne le sait pas encore, mais cette dalle deviendra la fondation invisible d’un parcours d’excellence.
En 2012, il passe avec succès un test d’entrée dans un groupe de danse hip-hop. À leurs côtés, il rafle les compétitions, notamment le Malta Street Dance à San Pedro, avant de remporter la finale nationale à Abidjan. Le milieu artistique s’ouvre à lui. En 2016, c’est une nouvelle étape : il intègre l’INSAAC, temple de formation artistique ivoirien, pour une maîtrise en danse. Il y explore les styles classique, traditionnel, contemporain et de salon. Sa polyvalence devient sa signature.
Entre 2017 et 2024, il rejoint la compagnie Tuwani Ofrititi, en devient le chorégraphe officiel, apprend à gérer des tournées et construit des pièces. Puis, en avril 2024, William fonde sa propre compagnie, GX-Marmite Africaine, avec un objectif clair : croiser les disciplines (danse, cinéma, musique), transmettre, inventer, former, tout en affirmant une vision d’auteur.
De la scène ivoirienne à la scène africaine
William multiplie les expériences à travers l’Afrique de l’Ouest et du Nord. Il participe à de nombreux festivals — Festival Connexion (Bénin, 2019), Ankata, FIDO, Fila Ni Kele (2022), Fari foni Waati (2025). Il y présente ses créations, rencontre des figures comme Fatou Cissé, Marcel Gbeffa, Lassina Koné, Andreya Wemba, Salimata Kobré, Christian Romain Kossa, et tisse des liens forts avec d’autres artistes du continent. Il collabore notamment avec Bic Rouge de la Guinée et Diazou Christopher de la Côte d’Ivoire, prouvant à chaque fois l’importance du réseautage Sud-Sud, trop souvent négligé.
« Ce sont ces connexions qui font avancer la carrière », confie-t-il. « Se voir, se parler, échanger entre chorégraphes africains, c’est essentiel. »
Penser la danse comme art majeur
Pour William, la danse ne peut se contenter d’être un divertissement. Elle est un langage, un cri, une manière d’interpeller la société. Il déplore cependant un manque de reconnaissance du métier de danseur, souvent perçu comme secondaire en Afrique de l’Ouest. Il milite pour une structuration du secteur, une meilleure prise en compte des artistes dans les politiques publiques et une revalorisation sociale de la profession.
« Il faut que les danseurs soient fiers de ce qu’ils font. Qu’on les respecte. Qu’on arrête de considérer que ce n’est pas un vrai travail », martèle-t-il.
Il insiste aussi sur le rôle de la danse dans le changement social : « On peut faire réfléchir avec une chorégraphie. La danse peut dire ce que d’autres disciplines n’osent pas. »
Voyager pour créer, malgré les frontières
La mobilité est un autre combat pour William. Il raconte avec force une expérience marquante pendant la crise COVID : un voyage au Burkina Faso, en pleine fermeture des frontières. Une traversée difficile, à moto, dans le froid et les raquettes, pour rejoindre une scène où il tenait à être. « Ça m’a marqué. Ça m’a même fait penser aux clandestins. Mais quand tu crois à ton art, tu y vas. »
Pour lui, les artistes doivent être mieux accompagnés, notamment pour les déplacements à l’international : réduction des coûts, simplification des visas, aides logistiques. La mobilité est le poumon de l’art vivant.
Donner plus de place aux femmes dans la danse
William accorde une attention particulière à l’autonomisation des femmes dans la danse. Il observe les nombreux freins que rencontrent les danseuses : pression sociale, équilibre difficile entre maternité et carrière, manque d’espaces sûrs. Il soutient les initiatives féminines et intègre dans ses projets un engagement clair pour l’égalité.
« Il faut créer les conditions pour que les femmes puissent exister pleinement dans cet art. Et surtout, écouter ce qu’elles ont à dire. »
Et maintenant ? L’avenir selon William
Aujourd’hui, William travaille à renforcer la visibilité de sa compagnie. GX-Marmite Africaine porte des projets ambitieux : nouvelles créations chorégraphiques, programmes pédagogiques dans les écoles, événements culturels, capsules vidéo. Il poursuit l’écriture de projets à diffuser en Afrique et en Europe.
« Je me suis formé, entouré, débrouillé… Maintenant, je transmets. C’est une construction permanente. »
Pour l’instant, il n’a pas encore franchi le cap européen. Pas par manque d’envie, mais par exigence. « Je veux être prêt. Je ne veux pas rater une opportunité faute de préparation. Je construis mon écriture artistique. Quand ce sera le moment, j’y serai. »
Du 7 mars au 1er juin 2025, le Quai de la Photo à Paris accueille une exposition ambitieuse et profondément évocatrice : « Un autre Mali dans un autre monde ». Plus qu’un hommage à l’école photographique malienne, cette exposition éclaire, en creux, une dynamique essentielle de notre époque : la mobilité des jeunes africains – une mobilité qui n’est pas seulement géographique, mais aussi culturelle, sociale, et symbolique.
Portée par les regards croisés de pionniers tels Malick Sidibé et Seydou Keïta, et par une nouvelle génération d’artistes comme Kani Sissoko, Mory Bamba, Oumou Traoré, ou encore John Kalapo, l’exposition montre un Mali multiple, vivant, qui refuse d’être figé dans les clichés. Ces jeunes photographes, tout en enracinant leur pratique dans la mémoire de leurs aînés, inventent de nouveaux codes, de nouveaux langages, de nouveaux récits. Ils explorent l’identité, la mémoire, le genre, le territoire – et surtout, ils se déplacent : dans leurs pensées, dans leurs techniques, et souvent, physiquement, dans le monde.
Car nombreux sont ceux qui, à l’image de Seydou Camara, formateur et initiateur du centre Yamarou-Photo, ont traversé frontières et continents pour apprendre, transmettre, exposer. D’Alger à Johannesburg, de Bamako à New York, la photographie devient ici un passeport de création. Une mobilité artistique qui témoigne d’une circulation féconde des savoirs, des regards et des ambitions.
Une génération en mouvement : mobilité choisie, créatrice, et revendiquée
En cela, « Un autre Mali dans un autre monde » résonne avec les aspirations de milliers de jeunes Africains. Si beaucoup quittent leur pays dans des conditions précaires ou sous la contrainte, d’autres, de plus en plus nombreux, bâtissent leur avenir par le savoir, la création et l’échange culturel. Leurs trajectoires ne suivent pas les sentiers migratoires classiques, mais dessinent une autre cartographie des mobilités africaines, faite de résidences artistiques, de festivals, de formations spécialisées, de collaborations internationales.
La Biennale de Bamako, née en 1994 à l’initiative de Françoise Huguier, incarne ce mouvement. Elle est devenue, au fil des éditions, une plateforme d’interconnexion, un lieu de passage, un foyer de rayonnement pour toute une génération. Grâce à des structures comme Yamarou-Photo, certains jeunes ne se contentent plus de partir : ils reviennent, ils transmettent, ils forment à leur tour. La mobilité devient alors circulaire, enrichissante, durable.
Cette nouvelle génération de photographes maliens compose un paysage artistique riche, où chaque regard apporte une nuance au récit commun. Amadou Keïta explore la mémoire visuelle du quotidien malien en conjuguant les héritages culturels à une esthétique contemporaine, tandis que John Kalapo s’attache aux détails discrets des transformations urbaines et sociales, révélant les tensions et les aspirations d’une société en mutation. M.I. Tounkara, quant à lui, développe une écriture photographique à la fois intime et politique, où l’image devient un espace de réflexion sur soi et sur le monde. Seyba Keïta et Mory Bamba partagent une même sensibilité dans leurs portraits silencieux, empreints de retenue, mais traversés d’une grande intensité. Kani Sissoko et Fatoma Coulibaly, figures féminines de cette scène artistique, interrogent les représentations du corps, du genre et de l’héritage avec une force visuelle singulière. À leurs côtés, Oumou Traoré construit des mises en scène délicates, presque théâtrales, qui captent les nuances de la féminité malienne dans toute sa complexité. Le travail d’Adama Bamba, Drissa Diara et Mamadou Konaté, davantage ancré dans le documentaire, nous confronte aux réalités sociales contemporaines avec rigueur et humanité. Tous ont été formés ou accompagnés par des structures locales comme le centre Yamarou-Photo, dirigé par Seydou Camara, figure de la transmission et artisan d’un ancrage fort entre formation, professionnalisation et ouverture au monde. Ainsi réunis, ces photographes incarnent une génération en mouvement, connectée, lucide, qui circule entre les territoires, les disciplines et les récits, pour porter haut une parole artistique ancrée dans son temps.
Une jeunesse qui raconte l’Afrique par elle-même
Dans un contexte où l’Afrique reste souvent racontée par d’autres, ces jeunes photographes, par leur mobilité et leur engagement, reconquièrent leur droit à la parole. Leurs œuvres témoignent de leur époque : une époque de tensions, d’espoirs, de contradictions – mais surtout de créativité libre et ancrée.
Ils s’éloignent des studios rigides, des représentations folklorisées. Ils inventent des formes neuves, osent des récits hybrides. Ils disent un Mali contemporain, urbain, rural, intime et collectif. Un Mali qui voyage et qui pense le monde. Un Mali qui, en se déplaçant, se transforme et transforme.
Le 1er juin 2025, Smarty, l’artiste burkinabè, se produira pour la première fois au Casino de Paris. Ce concert sera une étape importante de sa carrière, après plusieurs années de succès sur les scènes africaines et une carrière solo et en duo très engagée . Il s’agit d’un moment marquant pour l’artiste, connu pour sa capacité à fusionner le hip-hop avec les sonorités traditionnelles et pour son engagement social.
Pour ce qui ne le connaisse pas, il s’agit de l’une des figures les plus emblématique de rap en Afrique, notamment francophone. C’est dans les années 90 que Smarty découvre le hip-hop et, en 2000, fonde le groupe Yeleen avec l’artiste tchadien Mawndoé. Le groupe marque les esprits avec cinq albums et devient une référence du rap africain, avec à la clé un Kundé d’Or en 2007, un grand prix burkinabè qui récompense la musique depuis maintenant un quart de siècle.
En 2011, Smarty se lance en solo et enrichit son répertoire en intégrant des influences musicales traditionnelles. Son album African Kouleurs (2012) lui vaut le prix Découvertes RFI et une tournée à travers le continent africain. Ses collaborations avec des artistes comme Tiken Jah Fakoly et Magic System lui permettent de s’imposer sur la scène internationale.
Smarty à l’Olympia de Paris en 2014, en première partie du concert de Tiken Jah Fakoly
Au-delà de sa carrière musicale, Smarty est profondément engagé pour des causes sociales. En tant qu’ambassadeur de l’UNICEF, il lutte pour la protection des enfants et s’oppose aux mariages forcés, tout en soutenant les populations déplacées internes au Burkina Faso. En 2023, il reverse l’intégralité de son prix Kundé d’Or à ces populations, marquant ainsi son attachement à la solidarité.
Sa musique, qui résonne dans de nombreuses régions d’Afrique, est également un outil de réflexion sur les enjeux sociopolitiques. À travers ses textes, Smarty incite ses auditeurs à prendre conscience des défis sociaux et à s’engager pour la paix et l’unité, des valeurs qu’il défend activement.
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Un moment attendu à Paris
Après avoir assuré la première partie de Tiken Jah Fakoly à l’Olympia en 2014 et un passage remarqué au Pan Piper en 2024, Smarty revient en 2025 pour un concert exceptionnel au Casino de Paris. Ce sera un moment important pour l’artiste, une nouvelle étape dans sa carrière internationale.
Le 1er juin 2025, il offrira au public parisien un spectacle inédit ! Ce concert, produit par Boss+, sera une belle occasion de découvrir ou redécouvrir l’un des plus grands artistes de la scène musicale africaine. Un événement à ne pas manquer pour les amateurs de musique authentique et d’art engagé.